Fin de la tolérance pour la cigarette dans les bars, boîtes et restaurants

La préfecture, l’ARS et la Collectivité ont fait parvenir à tous les dirigeants de bars, restaurants et discothèques un courrier rappelant la réglementation sur la cigarette et le cigare. D’ici quelques semaines, des contrôles devraient être opérés pour vérifier le respect de la loi.

 

Une campagne anti-tabac dans les établissements festifs débute, initiée par la préfecture des Îles du Nord. Fini la tolérance qui faisait de Saint-Barth une exception française : les gérants d’établissements où l’on fume devront respecter à la lettre la réglementation. Des inspections sont envisagées à partir de février.

Tous les patrons de restaurants et boîtes de nuit ont reçu ce courrier signé de la préfecture, de la Collectivité et de l’ARS, pour rappeler le détail de la réglementation.

 

Une cloison entre les zones fumeurs et non-fumeurs

Concrètement, si le lieu est fermé par quatre murs, il ne doit pas être couvert. Il est autorisé de fumer sur les terrasses couvertes si la façade est ouverte. Avec un gros “mais” : la partie terrasse doit être séparée du reste de l’établissement. C’est ce que précise une circulaire du ministère de la Santé, rappelée par la préfecture dans son courrier : « Il est interdit de fumer sur une “terrasse” qui ne serait que le prolongement de l’établissement dont aucune cloison ne la séparerait, ou encore dans un espace partagé couvert qui présente de simples ouvertures latérales.» Autrement dit, même dans les restaurants très ouverts comme le Repaire, L’Isoletta, Le Victoria, Le Grain de Sel, la Cantina ou le Nikki Beach, la cigarette -et le cigare- sont en réalité proscrits. Les deux discothèques de l’île, le Modjo et la Casa, feront l’objet d’un contrôle par l’inspection du travail, annonce tout de go le courrier.

 

Plusieurs restaurateurs interrogés ont opposé à ce courrier des réactions variées. « Je vais perdre 30% de chiffre », prédit l’un. «Saint-Barth est une station balnéaire, avec une certaine liberté. Certains clients le vivront mal », assure un autre patron, étonné que la loi datée de 2006 se décide à être appliquée en 2020. « C’est compliqué de n’avoir rien dit pendant quatorze ans, et d’un coup, on se réveille… » «Interdire aux gens de fumer, cela va nous faire perdre une certaine clientèle », admet un troisième patron de restaurant qui estime que deux tiers de ses clients sont fumeurs, touristes et locaux confondus. «C’est bien que la réglementation existe, mais une certaine tolérance devrait s’appliquer. Les gens viennent justement dans les îles car il y a davantage de libertés qu’ailleurs. » Un quatrième explique lutter depuis des années contre l’usage de la cigarette dans son établissement, difficilement : « C’est une bataille avec les fumeurs! Beaucoup ne veulent pas respecter l’interdiction. Et aujourd’hui ceux qui ne peuvent pas se passer d’une cigarette autour d’une table ne viennent plus. »

 

Pour rappel, le fait de fumer dans un établissement où c’est normalement interdit expose le fumeur à une contravention de 68 euros, et le gérant encourt une amende de 135 euros s’il n’a pas affiché le panneau d’interdiction, ou s’il a créé un emplacement fumeur non conforme. Et jusqu’à 750 euros s’il a incité les clients à fumer en disposant des cendriers sur les tables.

Cette législation portée en 2006 par Xavier Bertrand (Travail) et Roselyne Bachelot (Santé) visait principalement à protéger du tabagisme passif les salariés.

 

© CC Flickr/Burtoni





Journal de Saint-Barth N°1359 du 23/01/2020

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