Embrouillamini général sur le port du masque

Discours contradictoires sur la pertinence de porter un masque, ou pas. Il est actuellement réservé aux personnels exposés puisque les stocks ne sont pas extensibles. La Collectivité de Saint-Barthélemy attend des arrivages offerts par des donateurs privés.

 

Au début de la crise, le gouvernement n’avait de cesse de répéter qu’il est inutile de porter un masque en l’absence de symptômes. Il est de moins en moins ferme et on s’attend à ce qu’il préconise le port généralisé du masque d’un moment à l’autre. Car des professionnels, à commencer par la très sérieuse Académie Française de Médecine, affirment au contraire qu’il faut généraliser son usage. Les pays asiatiques, rompus à la vie masquée, recommandent aux Occidentaux de s’y mettre. On s’y perd ! Mais de toute façon, à ce jour, il n’y en pas assez pour tout le monde.

 

Samedi matin au conseil territorial, deux masques en vue : celui du Dr Emmanuelle Bourgoin, du laboratoire Bio Pôle Antilles, et celui de Patrick Bordjel (Unis pour Saint-Barthélemy), qui en dispose aussi puisqu’il est médecin. Il a conseillé à tout un chacun de porter un masque. Sauf qu’aujourd’hui, tous les stocks sont réquisitionnés et distribués au compte-goutte, sous certaines conditions. Corinne Gréaux-Fébrissy, élue Saint-Barth d’Abord, le pique : « Tu portes ton masque sous le menton, ça ne sert à rien ! » « Seulement parce que je parle dans le micro », rétorque le conseiller territorial. Séraphyn Danet, élue de la majorité, va dans le sens du médecin, soulignant « qu’en Asie, tout le monde porte un masque ». « Il y a un peu de cinéma dans tout ça », commente Bruno Magras. « Du cinéma, ce n’est pas l’avis de l’OMS », rétorque Patrick Bordjel. « Actuellement 7.000 masques sont en cours d’acheminement vers notre île, offerts par Bruno de Courrèges », détaille Bruno Magras. « Une donation a été faite à hauteur de 110.000 euros pour commander 20.000 masques FFP2, 20.000 masques chirurgicaux, mille blouses, deux respirateurs… J’ajoute que, ayant la chance de bien connaître Nicolas Bazire, directeur général du groupe LVMH, je lui ai demandé d’avoir 20.000 masques sur les 2,5 millions qu’ils ont commandés pour la France, on verra.»

« Ce que nous sommes en train de vivre va changer nos comportements », estime Francius Matignon, élu Saint-Barth d’Abord. « On va fonctionner différemment, se serrer la main va peut-être disparaître, s’embrasser aussi, et les distances se créer. Pourquoi pas le port du masque !»

 

Ce qu’il faut rappeler, c’est que le masque est utile à condition, tout d’abord, d’être bien utilisé. Sans quoi il peut vite se transformer en nid à bactérie et se révéler contre productif. Quand on met un masque, il ne faut plus le toucher, il ne faut pas le retirer toutes les cinq minutes pour le mettre dans sa poche, son sac, le poser sur le siège de la voiture… Sa durée de vie est aussi limitée, de façon variable selon les modèles.

Des premières communes françaises ont imposé le port du masque à tous les administrés. Avant que Saint-Barth y vienne, ou pas, il faut déjà s’astreindre au respect des gestes barrière et respecter les mesures de confinement. 

 



Journal de Saint-Barth N°1370 du 08/04/2020

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