Comment sont chaperonnés les entrants sur l’île

Ils sont onze ce mercredi à descendre de l’avion d’Air Antilles, certains en provenance de Guadeloupe, d’autres de Saint-Martin. A leur arrivée, les voyageurs sont questionnés et fermement invités à rester chez eux durant quatorze jours.

 

Avant de pouvoir monter dans l’avion, ils ont dû fournir un justificatif du motif de leur déplacement : raison médicale, raison professionnelle indispensable ou familiale. Mercredi dernier, l’avion Air Antilles était bien rempli, avec onze passagers à destination de Saint-Barth. De jeunes étudiants qui reviennent chez leurs parents, des résidents de l’île qui rentrent chez eux, un couple qui ramène son nouveau-né à la maison, un professionnel du bâtiment qui vient travailler pour un besoin urgent, et pour qui l’employeur a dû démontrer qu’il ne pouvait décaler son voyage.

Tous se voient offrir, par des membres masqués de la Croix-Rouge, une noisette de gel hydroalcoolique. Puis les bénévoles de l’association les soumettent à un questionnaire : « Est-ce que vous vous sentez fiévreux ? D’où venez vous, par où êtes-vous passé ? » Ils expliquent avec insistance à chacun qu’en tant qu’arrivants, ils doivent rester en auto-isolement durant quatorze jours. Et si l’auto-isolement est trop compliqué à domicile, par exemple dans les cas de colocation, le centre d’hébergement de Saint-Jean est à disposition. Il a déjà accueilli une résidente de retour de la métropole.

 

Aucun touriste n’est arrivé

Aucun touriste n’est autorisé à entrer. La rumeur concernant des Américains arrivés par Tradewind est fausse : il s’agissait du retour d’un jeune Saint-Barth chez ses parents.Il est confiné à domicile. Les restrictions s’appliquent à tous de la même façon, et parfois, les autorités refusent l’entrée sur l’île.Par exemple, un Français établi aux Etats-Unis, qui souhaitait rejoindre sa résidence à Saint-Barth pour plus de confort, s’est vu opposer un véto.La même compagnie a en revanche prévu un voyage au départ de Saint-Barth pour rapatrier des ressortissants américains chez eux, début mai.

Une fois que les arrivants ont quitté l’aéroport, chaque fiche remplie par la Croix-Rouge est transmise à la gendarmerie, à la préfecture et au service social de la Collectivité. Les personnes sont appelées tous les deux jours. Et si elles ne répondent pas ou montrent de la mauvaise volonté, elles reçoivent une visite des forces de l’ordre à leur domicile. C’est déjà arrivé trois fois depuis la mise en place des restrictions aériennes. Mais bien sûr, quelques resquilleurs passent  entre les mailles du filet, une fois sur l’île ; ils peuvent donner de faux numéros de téléphone ; quand aux adresses, elles sont toujours imprécises.De même, les employeurs peuvent exagérer la nécessité absolue de faire venir tel ou tel salarié de l’extérieur...

 

Plus souple qu’en Guadeloupe

La ministre Annick Girardin a mis en place dans les territoires ultramarins, depuis le 16 avril, une quatorzaine surveillée en hôtel. Cette mesure s’applique en Guadeloupe. Mais pas à Saint-Barthélemy, où la surveillance est plus accommodante, et repose sur la responsabilité individuelle. Elle avait également annoncé le dépistage systématique des arrivants en outre-mer à l’issue de leur quatorzaine. La mesure, cette fois, doit également concerner Saint-Barthélemy.

 

 

______________

Pour voyager

Depuis la fin du mois de mars, les personnes souhaitant voyager doivent justifier soit d’un motif impérieux d’ordre personnel et familial (enfants qui rentrent au domicile parental, par exemple), soit d’un motif de santé relevant de l’urgence (personnes suivant un traitement régulier à Saint-Martin ou en Guadeloupe), soit d’un motif professionnel ne pouvant être différé (soignants, spécialistes en tous genres). 

Ils doivent remplir une déclaration sur l’honneur, disponible sur le site internet de la préfecture de St-Martin et St-Barthélemy.

Dans le cadre d’une convention avec l’Etat, Air Antilles assure depuis le 23 mars la continuité territoriale. L’Etat finance les sièges vides, pour résumer. Elle est la seule compagnie qui transporte des voyageurs vers et depuis Saint-Barthélemy, à raison de trois vols par semaine les lundis, mercredis et vendredis. Les autres font du Fret ou des transports charter au cas par cas, dans le cadre des mêmes restrictions. Conditions de vol et de vente, réservations sur www.airantilles.com ou par mail à callcenter@airantilles.com. La préfecture peut vous aider en cas de difficulté : covid19pref@saint-barth-saint-martin.gouv.fr

Journal de Saint-Barth N°1372 du 22/04/2020

Zéro cas avéré
Automates de dépistage en route
Transat virtuelle
Conseil territorial