Xavier Lédée - Unis pour Saint-Barthélemy

Xavier Lédée veut mettre le thème de l’éducation sur la table avec l’Etat

Le conseiller territorial Unis pour Saint-Barthélemy suggère de lancer une réflexion entre Collectivité et Etat pour améliorer la question de l’enseignement sur l’île. Pour lui, le fonctionnement de l’Education nationale mérite d’être adapté aux spécificités de Saint-Barth.

Ces dernières semaines le Président de la Collectivité n’a de cesse de parler évolution statutaire passée et à venir. Pour Xavier Lédée, outre les sujets de la santé et la sécurité sociale, que Bruno Magras aimerait voir entrer dans le giron de la Com, celui de l’éducation mériterait d’être débattu avec l’Etat. Non pas pour prétendre à cette compétence, mais au moins pour « poser le problème sur la table ».
Le problème revient chaque année : des enseignants titulaires sont nommés sur chaque poste, mais soit ils ne veulent pas s’installer à Saint-Barth, soit ils n’y arrivent pas, en raison de la rareté et du coût du logement. Du coup, les rentrées scolaires de septembre sont toujours compliquées, avec des recrutements in extremis, des contractuels reconduits mais avec qui il faut signer un nouveau contrat chaque année, et donc des changements de date de rentrée à la dernière minute.
Pour Xavier Lédée, l’Etat doit s’investir, et pour cela se doter de ses propres logements. Car les logements de la Collectivité sont légitimement sollicités par beaucoup de monde. « La Collectivité, ce n’est pas son rôle de construire des logements uniquement pour les professeurs. Il me semble judicieux que l’Etat prenne sa part», explique l’élu d’opposition. Son idée pourrait se traduire par un partenariat entre la Com (pour le terrain, comme celui de l’Anse des Cayes, quartier du Roi, qui avait vocation a accueillir des logements) et l’Etat (pour la construction). Ce dernier pourrait, suggère Xavier Lédée, convertir son investissement en un geste sur la DGC (dotation globale de compensation, une enveloppe de 3 millions d’euros environ, que la Com verse à l’Etat chaque année).
L’élu imagine aussi, pourquoi pas, l’instauration d’un avantage pour les propriétaires de Saint-Barth qui choisiraient de louer leur bien à un enseignant. C’est à dire moins cher, parce qu’avec un salaire de base de 2.400 euros environ, difficile de se loger sur l’île, surtout pour une famille. L’attractivité des postes de professeur à Saint-Barth pourrait donc passer, aussi, par une revalorisation salariale. Là, c’est l’Etat qui a la main...
Ensuite, il y a la formation. Des contractuels qui ont déjà de l’expérience ou des jeunes qui souhaiteraient se lancer pourraient prétendre à une titularisation. Mais cela passe par un séjour hors de l’île. Or il apparait de plus en plus difficile de quitter l’île, même pour quelques mois ou années. « Le risque fiscal en décourage beaucoup, ainsi que la situation familiale », analyse Xavier Lédée. Qui appuie sur la nécessité d’inciter les jeunes locaux à choisir la voie de l’enseignement.
Plus généralement, il milite pour que, si discussion avec l’Etat il y a, le sujet ne soit pas oublié. « Je pense qu’on pourrait trouver une façon innovante de travailler entre Collectivité et Etat, afin d’adapter certains fonctionnements aux spécificités de Saint-Barth. » 

Journal de Saint-Barth N°1390 du 23/09/2020

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