Pourquoi le débat national est légitime sur l’île

L’île ne doit pas s’exclure trop vite du grand débat national. Si la Collectivité a la majorité des cartes en main, des sujets centraux comme la sécurité, la santé ou l’éducation sont des compétences de l’Etat. A ce jour, aucun élu ni citoyen n’a organisé de réunion à Saint-Barth.

A Saint-Barth, les seuls gilets jaunes que l’on a pu croiser sont les carnavaliers de l’association The Youngz, qui ont organisé un défilé sur ce thème début janvier. La Collectivité n’a pas mis en place de cahier de doléances, encore moins organisé de réunion. Les opinions du président Bruno Magras (lire notre édition n°1311) ont fait parler sur l’île. Mais aucun citoyen n’a pris l’initiative d’organiser une réunion locale pour discuter du débat national porté par le gouvernement. 
Difficile à Saint-Barthélemy de se positionner. En effet, soit les problématiques abordées ne nous concernent pas vraiment (fiscalité…), soit elles sont de toute façon du ressort de la Collectivité. Rien ne sert de donner son avis à Emmanuel Macron sur la transition écologique ou la fiscalité, puisque les décisions en la matière relèvent uniquement de l’exécutif local.

Toutefois, certaines questions posées par le gouvernement (et les gilets jaunes), sur les thèmes de la citoyenneté, du pouvoir d’achat, des services publics ou encore de la représentation des citoyens, sont tout à fait d’actualité à Saint-Barthélemy. Exemple : le coût de la vie et la difficulté de se loger, notamment pour les fonctionnaires, les fait fuir et impose un turn-over élevé et des recrutements difficiles dans les écoles ou dans le médical, tout comme dans le secteur privé. Autre illustration, la réforme de la justice décidée à Paris impactera tous les justiciables de l’île -donc potentiellement tout le monde. De même, les jeunes Saint-Barth seront logés à la même enseigne que les autres en ce qui concerne le service national universel pour les ados de 16 ans, bientôt testé en Guyane, et ont sans doute un avis sur la question. 
On constate avec la « crise » (le mot est fort) des bromates dans l’eau de ville que l’ARS régional, agence de l’Etat basée en Guadeloupe, gère tout cela d’assez loin. Même chose pour la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) qui a lancé une consultation générale des habitants « sur les questions importantes liées à l’eau », ouverte jusqu’au 2 mai 2019, en Guadeloupe et à Saint-Martin seulement.
Même si la Collectivité soutient financièrement les établissements scolaires et l’accès aux soins (par exemple, elle paie pour que le mammographe reste sur l’île), ce sont des domaines qui restent compétences de l’Etat, et elle n’est pas obligée de le faire.


Représentation de l’île à Paris
Les questions sur la citoyenneté et la représentation de Saint-Barth au niveau national sont aussi capitales. La députée des îles du Nord Claire Javois Guion Firmin, avec tous les dossiers saint-martinois, a tendance à oublier Saint-Barthélemy dans son action politique à l’Assemblée nationale. Et avec la réforme des institutions voulues par Emmanuel Macron, on ignore si le siège de sénateur de Saint-Barthélemy sera conservé ou supprimé. Tous ces sujets de la vie quotidienne de Saint-Barth entrent dans le cadre des thèmes listés par Emmanuel Macron dans sa lettre. Il appartient à chacun de s’en saisir, ou non. 


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Un cahier de doléances en février ?

Si la Collectivité a jugé inutile de mettre en place un cahier de doléances, le Conseil économique social culturel et environnemental se penche sur la question et devrait, au mois de février, inviter les citoyens à s’exprimer sur leur quotidien, par écrit.
« Faut-il organiser quelque chose ici ? » s’interroge Pierre-Marie Majorel, président du CESCE. Il penche pour. En tout cas, le sujet sera discuté lors de l’assemblée plénière de l’institution le 31 janvier, avec l’ensemble des membres qui la composent : des représentants de la société civile, par secteur (BTP, commerce, associations, etc.).
Le CESCE devrait mettre à disposition de tous les habitants un cahier de doléances tout au long du mois de février, dans ses bureaux de La Pointe. « Le gouvernement a fixé une trame. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas sortir du cadre stricto sensu », poursuit Pierre-Marie Majorel, qui rappelle « qu’écouter la société civile, c’est tout à fait notre rôle, puisque nous représentons la société civile. »
Les modalités de cette consultation seront déterminées à la toute fin du mois de janvier.

JSB 1312

Journal de Saint-Barth N°1312 du 24/01/2019

Radars pédagogiques
GLTD
Cholestérol
Pêche au requin
Débat national

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