L’Etoile (ici dans sa version initiale) viendra remplacer l’ancien Emeraude Plage, détruit l’an dernier, sur la baie de Saint-Jean. 

L’étude d’impact de l’hôtel Etoile ne rassure pas Saint-Barth Autrement, au contraire

L’étude d’impact associée au permis de construire de l’hôtel Etoile sera consultable par le public pendant 15 jours à compter du 11 décembre. Ce document n’a pas rassuré les élus Saint-Barth Autrement, Hélène Bernier et Maxime Desouches.

 

Un dossier de 720 pages balayant tous les sujets  sociaux, économiques et environnementaux liés à la construction du nouvel hôtel de luxe sur la baie de Saint-Jean, à la place de feu l’Emeraude. Le conseil territorial a décidé vendredi de rendre ce document public dans le cadre d’une mise à disposition officielle.

« Je me félicite de cette mise à disposition de cette étude, cela n’avait pas été le cas pour le premier permis de construire », salue Hélène Bernier, élue Saint-Barth Autrement, première à s’exprimer. « J’aimerais attirer l’attention des élus et de la population sur un point qui me semble essentiel ; l’évacuation des déblais en lien avec la réalisation d’un sous-sol de plus de 5.000 m2, soit l’équivalent du terrain de foot, sous la plage de Saint-Jean. L’étude d’impact mentionne que le volume de déblais généré est de 41.200m2, soit grosso modo 70.000 tonnes. (…) C’est plus d’une année complète d’exportation de gravats à Saint-Barth ! » Elle illustre son propos avec les chiffres du port de commerce. L’an dernier, un peu plus de 60.000 tonnes de remblais de terrassement avaient été exportées par barge. « Comment va-t-on faire pour évacuer les 70.000 tonnes de ce chantier, auxquelles viendront s'ajouter les remblais et gravats des autres chantiers ? Où va être stocké cet énorme volume de déblais le temps qu’il puisse être évacué ? Beaucoup de questions auxquelles cette étude d'impact ne répond pas. »

Utiliser le sable
pour regarnir les plages ?

« Je ne suis pas spécialiste. J’écoute ces chiffres, à cela il faut ajouter tout ce qui peut être retraité dans les centres de recyclage de Saline, qui constitue un certain volume », estime Bruno Magras. « Il faut noter que ce ne sera pas du remblai qui sera dégagé mais du sable. Nous pouvons peut-être envisager - mais ce n’est pas le but de la réunion de ce soir, d’utiliser utilement ce sable sur un certain nombre de plages où l’érosion fait un travail que nous ne pourrons compenser que par du réensablement. »

Maxime Desouches appuie sa colistière et encourage tout un chacun à consulter cette étude. « Toutes les deux lignes, il y a des choses qui montrent que ce projet ne devrait pas voir le jour », alerte le conseiller territorial. « On vous dit que les récifs coralliens sont gravement dégradés … » Il lit un extrait du document : « “La hausse du trafic routier, le manque de logements disponibles pour les travailleurs saisonniers, et les hautes demandes d’énergie et d’eau présentent de grands défis pour la Collectivité et la communauté.” Quand je vois une étude comme ça, je me dis, comment peut-on justifier d’un tel projet ? Je vous encourage à la lire, vous trouverez des choses assez surprenantes dedans. Je vous rappelle qu’il est prévu des travaux pendant trois ans, et que le pétitionnaire demande le détournement de la route 209 pendant trois ans ! Ça ne va pas être une mince affaire… »

« L’objet de la délibération est de rendre publique cette étude, pas de l’analyser. Je ne vois pas l’utilité de débattre d’un sujet sur lequel nous ne sommes pas des experts », répond Bruno Magras. « Nous aurions tous apprécié que l’Emeraude Plage soit reconstruit tel qu’il était. Ça n’a pas été la décision des propriétaires, qui ont préféré vendre à des promoteurs qui, eux, souhaitent réaliser un projet. Le projet a été déposé et accordé sur la base des règles que vous avez vous-mêmes adoptées. Nous avons discuté avec les promoteurs, car il y a eu une erreur d’appréciation au départ (dans la carte d’urbanisme, ndlr) sur les hauteurs des constructions face à la plage», admet le Président. «Nous avons obtenu une réduction des hauteurs dans le projet modificatif. »

Il rappelle que le permis de construire est contesté en justice par l’association Saint-Barth Essentiel et par l’Eden Rock. Les procédures en référé ont été rejetées par le tribunal administratif.

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Mise à disposition de l'Etude d'Impact du projet d’hôtel L’Etoile

L'étude d'impact jointe à la demande de permis de construire n° PC971123 19 00052, du projet d'hôtel de l'Etoile (anciennement l'Emeraude Hôtel), sera tenue à la disposition du public à l'accueil de la Direction de l'aménagement du territoire, du vendredi 11 décembre 2020 au mercredi 30 décembre 2020 et sur le site internet de la Collectivité.
Le dossier qui sera mis à disposition comprend :
-Une note de présentation des caractéristiques de l'opération.
-Un résumé analytique de l'étude d'impact.
-L'Etude d'impact.
Le public pourra formuler ses observations au siège de la Collectivité, sur un registre à feuillets non mobiles, coté et paraphé par le Président ou à l'adresse mail: consultation@comstbarth.fr

Journal de Saint-Barth N°1401 du 09/12/2020

VGE
Condamnée à détruire son bien
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