Le Préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin Serge Gouteyron et le Président de la Collectivité de Saint-Barthélemy Bruno Magras signent l’accord de relance samedi 30 janvier 2021.

L’Etat s’engage à accompagner la reprise

Samedi 30 janvier le Préfet délégué de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, Serge Gouteyron est venu sur l’île signer l’accord de relance qui fixe l’orientation des actions de l’Etat et de la Collectivité pour soutenir l’économie locale.

 

Quand le Préfet délégué de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, Serge Gouteyron, est venu sur l’île pour organiser la relance avec le Président de la Collectivité Bruno Magras, on croyait encore à une reprise de l’activité économique à Saint-Barthélemy. C’était il y a quelques jours à peine, samedi 30 janvier. La veille, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé qu’un motif impérieux serait demandé pour les déplacements en provenance et en direction des outre-mer mais ni le Préfet, ni le Président de la Collectivité n’avaient la certitude que cette mesure s’appliquerait à Saint-Barthélemy ou aux voyageurs étrangers. On attendait la parution du décret précisant les mesures annoncées par le ministre. Il est paru au journal officiel le 31 janvier.

Le calendrier est important, car le Préfet était venu signer un accord économique de méthode, fixant, précisait-il « les grandes lignes de l’action et de la réflexion que nous allons engager dans les mois prochains ». « En juin 2021 nous devons signer un véritable contrat dans lequel seront listées très précisément les opérations que nous financerons au titre du plan de relance. » L’accord comprend notamment les aides apportées aux salariés au titre de l’activité partielle, les aides aux entreprises, les aides du fonds d’aide aux entreprises, l’aide de l’État du fonds exceptionnel d’investissement, ainsi que les aides spécifiques du plan de relance.

18 millions 578.000€
Or, dans les prochains mois, du fait des restrictions imposées sur le secteur du tourisme dimanche, la situation des entreprises de l’île pourrait changer. Face à la baisse d’activité, certaines d’entre elles pourraient faire appel au fonds de solidarité, avoir recours au chômage partiel, etc.

Dans l’accord signé samedi par le Préfet Gouteyron et Bruno Magras pour relancer l’économie de l’île, 18 millions d’euros doivent être apportés par l’Etat et 578.000 euros par la Collectivité. Or, selon les chiffres qui ont été communiqués, sur ce montant, 17 millions ont déjà été accordés aux entreprises dans le cadre des mesures d’urgence octroyées lors du premier confinement. Il ne resterait qu’un million dans le budget accordé par l’Etat à la reprise sur l’île ? « Sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy, je peux mobiliser 35 millions d’euros, a déclaré le Préfet. Saint-Martin ayant en plus la possibilité de bénéficier des crédits européens, ce qui n’est pas le cas de Saint-Barthélemy. »

Des fonds supplémentaires seront-ils alloués aux entreprises mises en difficulté par l’arrêt du tourisme ? « Le Premier ministre a dit « quoi qu’il en coûte », répond le Préfet Gouteyron. Quoi qu’il en coûte, les prêts garantis par l’Etat (PGE), le fonds de solidarité, les aides au titre du chômage partiel seront massivement mobilisées. Le quoi qu’il en coûte s’applique et s’appliquera ici à Saint-Barthélemy ».

De son côté, le Président de la Collectivité, Bruno Magras, prévient : « Nous sommes très peu demandeurs des crédits de l’Etat. Parce que nous avons une certaine forme d’autonomie à laquelle je tiens beaucoup. Néanmoins, je considère que l’initiative qu’a pris le gouvernement est particulièrement intéressante parce que c’est lorsqu’il y a une crise dans les investissements privés qu’il faut soutenir les investissements publics. »

Alors que l’économie touristique a du plomb dans l’aile, le Président de la Collectivité mise sur l’autre secteur clé de l’île : le BTP. « On voit bien que la crise actuelle aura un impact considérable sur le secteur du tourisme en particulier, explique Bruno Magras. C’est le moment où jamais pour la Collectivité de faire ce qu’elle a fait l’année dernière, c’est-à-dire de lancer des travaux publics pour permettre aux entreprises de continuer à faire vivre l’économie locale. » Le Président de la Collectivité a notamment proposé que le plan de relance aide à financer des projets pour lesquels les compétences de l’Etat et de la Com sont partagées : la construction de la nouvelle caserne des pompiers, par exemple, ou encore l’édification d’un parking sous-terrain rue de la Paix, qui servira d’abri anticyclonique et de lieu de stockage aux véhicules de première intervention en cas de catastrophe météo

BTP et transition énergétique
Pour le Préfet, ces projets « font sens » et doivent être étudiés : « en ce qui concerne le centre d’incendie et de secours il y a une opportunité pour l’Etat d’investir alors que ce n’est pas à proprement parler son domaine de compétence ».  
Avec ce plan de relance, le gouvernement envisage de « retrouver d’ici deux ans » le niveau de richesse d’avant crise et veut « bâtir la France de 2030 » autour de trois grands volets : la transition écologique, la compétitivité des entreprises et la réindustrialisation, la cohésion sociale et territoriale.
Pour répondre au premier volet, un million d’euros pourrait être alloué au développement de la distribution d’eau potable et à l’assainissement, financé à parts égales par l’Etat et la Com.
Des appels à projet ont été mis en ligne sur le site de la Préfecture.
« C’est un début. Il y a encore du travail, insiste Serge Gouteyron. Aujourd’hui nous ouvrons un livre sur lequel nous allons écrire ce que nous allons faire ensemble. En juin, un contrat listera les opérations que nous financerons et co-financerons. » D’ici là, on l’a vu, la situation économique peut évoluer très rapidement.

Journal de Saint-Barth N°1409 du 03/02/2021

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