Les sénateurs publient le second volet du rapport sur les risques naturels en outre-mer

La délégation sénatoriale aux outre-mer, présidée par Michel Magras, a présenté la semaine dernière le second volet de son rapport sur les risques majeurs dans les outre-mer. Il est axé sur la reconstruction, l’assurance et la résilience des territoires.

 

C’est le sénateur de Saint-Martin Guillaume Arnell qui a conduit ce second volet du rapport sur les risques naturels majeurs, lancé au lendemain d’Irma par la délégation sénatoriale aux outre-mer, présidée par Michel Magras, le sénateur de Saint-Barth.

Le document s’appuie sur le cas des îles du Nord et de l’ouragan Irma pour formuler soixante recommandations au gouvernement, en particulier sur la résilience, la reconstruction et l’assurance. Pour le rédiger, les sénateurs ont entendu 145 acteurs concernés par le sujet, élargi à l’ensemble des catastrophes naturelles susceptibles de frapper les outre-mer, incluant les sargasses.

D’abord, un constat : la reconstruction de Saint-Martin est loin d’être achevée. Contrairement à celle de Saint-Barthélemy, quasi terminée. Pour faciliter le processus de reconstruction après un aléa climatique, les sénateurs recommandent d’accorder des dérogations aux règles de la construction. C’est ce qui avait été fait après l’ouragan Irma sur notre île : les projets de reconstruction à l’identique ne nécessitaient pas de permis de construire. Ils encouragent également les dérogations en matière d’exportation des déchets pour faciliter le nettoyage. Et vont plus loin encore en préconisant de définir un cadre pour déroger aux règles de la commande publique, à l’heure où des élus saint-martinois sont justement poursuivis pour cela (lire ci-dessous).

D’autre part, le rapport sénatorial recommande de favoriser le recours à la main d’œuvre locale pour la reconstruction, mais également d’effectuer un travail de surveillance sur les prix des matériaux, et pourquoi pas de les exonérer temporairement de taxes.

La reconstruction, c’est aussi dans la tête. Les sénateurs constatent des fragilités psychologiques au sein de la population des îles du Nord, deux ans après Irma, nécessitant un suivi à long terme. Ils attirent l’attention sur le fait qu’une catastrophe naturelle agit souvent comme amplificateur de difficultés sociales, et que face à cela, le recours aux associations humanitaires est une solution ; à condition toutefois que la transparence soit totale sur l’utilisation des dons. Enfin vient la prévention. Les sénateurs prennent clairement le parti du président saint-martinois Daniel Gibbs dans le conflit qui l’oppose à l’Etat autour du PPRN (Plan de prévention des risques naturels, qui pour résumer entrave la construction dans les zones trop à risque). Ils demandent un assouplissement du cadre juridique du PPRN afin de conjuguer le risque avec le développement économique, et une meilleure concertation dans l’élaboration de ce document. A Saint-Barthélemy, la prescription du PPRN a été votée en novembre 2017, le document doit être adopté avant novembre 2020. Enfin vient la question de l’assurance.

 

Surveiller les prix des assurances

En outre-mer, beaucoup de propriétaires n’assurent pas leur bien (moins de 50% en moyenne, contre 96% en métropole), ce qui pose un évident problème en cas de catastrophe. Les sénateurs conseillent donc la mise en place de campagnes d’information pour encourager les habitants à s’assurer, tout en mettant en place une surveillance des prix pratiqués.

Pêle-mêle, le rapport recommande aussi de favoriser les protections naturelles contre les risques (coraux, dunes, etc.), réaliser des exercices de simulation réguliers, suivre de près l’évolution du trait de côte en prévision de la montée du niveau des océans.

 

> En savoir plus : www.senat.fr


JSB 1351

Journal de Saint-Barth N°1351 du 21/11/2019

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