Les recommandations du Sénat contre l’effondrement économique outre-mer

Au terme de quatorze réunions et de l’audition de 73 personnalités, la délégation sénatoriale aux outre-mer présidée par le sénateur Michel Magras (LR) a publié jeudi 9 juillet une liste de cinquante-huit propositions à destination du gouvernement, pour faire face aux conséquences économiques “dévastatrices” dans ces territoires après la crise Covid-19.

 

Le constat est sans appel : les outre-mer sont «confrontées à une menace d’effondrement si des mesures appropriées et d’envergure ne sont pas rapidement adoptées », écrivent les sénateurs, qui estiment  « les pertes instantanées d’activité pendant le confinement  à 30 % pour l’ensemble des Outre-mer, ce qui est sans précédent».

Le Sénat formule cinquante-huit propositions au total, adressées au gouvernement, afin de soutenir les territoires ultramarins face au choc économique induit par le Covid-19. La délégation sénatoriale aux outre-mer a rendu son rapport jeudi 9 juillet, après une série d’auditions.

Réponse adaptée à chaque territoire
La clé de voûte de ce travail est de proposer une réponse adaptée à chaque territoire. Si les outre-mer ont des points communs (éloignement de la métropole et/ou insularité, tissu économique majoritairement composé de petites entreprises, poids du secteur du tourisme, systèmes de santé plus ou moins fragiles, etc.), les décisions de l’Etat devront « favoriser une relance territorialisée », selon les sénateurs. Ils proposent  une adaptation des protocoles sanitaires selon chaque secteur, au regard des desiderata des élus. Par exemple, Wallis-et-Futuna demande « à ne rétablir des relations qu’avec les territoires dont l’état sanitaire est certain. » Au contraire, d’autres souhaitent assouplir les exigences pour faciliter la reprise : « Alors que les tests sont encore très difficiles à obtenir, l’obligation de présenter un test négatif à l’embarquement risque de se révéler difficilement praticable. Il conviendrait donc de permettre aux territoires qui le souhaitent de tester les passagers à leur arrivée à l’aéroport. » C’est ce qu’aimerait proposer Saint-Barthélemy.

Aérien, numérique, tourisme, alimentation...
Le secteur aérien devrait être particulièrement surveillé, selon le Sénat, pour plusieurs raisons : il a extrêmement souffert de la crise, il est indispensable à la vie économique, sociale et sanitaire des territoires. Et dans un souci d’égalité entre citoyens, les compagnies devront être accompagnées pour éviter que l’impact financier ne pèse sur les ultramarins qui n’ont d’autre choix pour se déplacer.

« La sortie de crise doit être une opportunité pour accompagner le tourisme ultramarin vers un modèle de tourisme durable », « qualitatif », «écoresponsable », soulignent les sénateurs. Dans la même veine, ils attirent l’attention sur la nécessité d’améliorer la résilience en développant les circuits courts, par exemple via des « chartes d’entente entre la grande distribution et les producteurs locaux », et un soutien plus accessible aux pêcheurs ultramarins.
Autre voie vers la résilience, le numérique, via le déploiement de technologies et la formation pour tous. Saint-Barthélemy est loin d’être le territoire le plus mal loti en la matière, mais les difficultés de connexion sur l’île ont été particulièrement handicapantes en temps d’enseignement à distance et télétravail. Le déploiement de la fibre optique pour les particuliers, entamé l’année dernière par la Collectivité, répondra à cette problématique.
Parmi les recommandations, pêle-mêle : « Améliorer rapidement les outils statistiques de chaque territoire afin de disposer de tableaux de bord économiques plus accessibles, actualisés et homogènes », « prolonger le dispositif du Fonds de solidarité dans les outre-mer jusqu’à la sortie de crise et annuler les dettes sociales sur l’année 2020 des entreprises des secteurs les plus fragiles», « pérenniser la prise en charge du chômage partiel à 100 % par l’État notamment pour les entreprises ultramarines menacées de faillite jusqu’à la sortie de crise », «mettre en place un fonds de soutien d’urgence pour les compagnies aériennes d’outre-mer », « renforcer l’autonomie sanitaire des territoires avec une approche stratégique régionale », « investir dans l’économie bleue et faire des ports ultramarins de véritable “hubs” portuaires pour renforcer l’attractivité maritime des territoires »….

> La liste complète et le rapport sont accessibles en ligne sur le site du Sénat www.senat.fr

Journal de Saint-Barth N°1384 du 15/07/2020

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