Les Européennes dans un mois

Les électeurs de Saint-Barth sont appelés à voter le 25 mai prochain pour élire les représentants français au parlement européen. Un rendez-vous souvent synonyme de records d’abstention.

 

Dans un mois jour pour jour, au moins 5.170 électeurs sont invités dans les bureaux de vote de Saint-Barthélemy pour élire leur représentant au parlement européen. Vont-ils répondre à cet appel ? Rien n’est moins sûr.

Les dernières élections européennes, en 2014, avaient mobilisé moins de 15 % des électeurs de notre île, contre 42% au niveau national. Ils avaient à choisir entre dix-neuf listes pour représenter l’outre-mer à l’UE. En 2019, grosse simplification : l’ensemble des citoyens français sont appelés à choisir une liste nationale, point barre.

 

Peu de suspense à Saint-Barth

La vague Macron et le dégagisme qui ont marqué la présidentielle 2017 ont été plus contrastés à Saint-Barthélemy qu’en métropole. Ici, affaire Pénélope Fillon ou non, La République en Marche reste loin derrière Les Républicains, voire le Rassemblement national.

Au premier tour en 2017, Macron n’était que troisième derrière le candidat que soutenait Bruno Magras, François Fillon, et la présidente du Front National d’alors, Marine Le Pen.

 

La droite est si ancrée à Saint-Barth que ni le Parti socialiste, ni la France Insoumise, ni d’autres courants de gauche ne sont représentés sur notre île.

 

Qui est candidat ?

Les dépôts de candidatures sont officiellement ouverts depuis mardi et seront clos le 2 mai. Mais les têtes d’affiches sont déjà connues.

Premiers dans les sondages, la candidate LREM Nathalie Loiseau, puis Jordan Bardella pour le Rassemblement national et enfin François-Xavier Bellamy, représentant des Républicains.

La gauche, elle, avance en ordre très dispersé : Benoît Hamon se lance avec son parti Générations, Yannick Jadot mène la liste Europe Ecologie Les Verts, et le philosophe Raphaël Glucksmann débute sa carrière politique avec son mouvement Place Publique, soutenu par le Parti Socialiste. La France Insoumise a investi Manon Aubry. Le Parti communiste porte également une liste, tout comme Lutte ouvrière avec Nathalie Arthaud.

 

Une liste Gilets Jaunes

Par ailleurs, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan se présente pour Debout la France, Jean-Christophe Lagarde pour l’UDI, Florian Philippot pour Les Patriotes. Une liste Gilets Jaunes est créditée de 2% des intentions de vote. Jean Lassalle, le truculent député des Pyrénées-Atlantique, vient de renoncer faute de moyens suffisants. Certains “petits candidats” pourraient suivre la même voie : ils doivent réunir une enveloppe conséquente pour mener campagne, des frais qui ne seront pas remboursés en deçà de 3% des voix obtenues.

 

Si les enjeux européens ne semblent pas passionner les foules (d’ailleurs, la campagne peine à décoller en métropole), les élections pour Bruxelles ont tendance à servir de thermomètre à la politique nationale. Un vote d’humeur qui peut fausser l’élection d’un parlement dont le pouvoir est large. Or, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, un Français sur deux se dit insatisfait de l’action d’Emmanuel Macron. 

 

La droite et l’extrême-droite espèrent bien faire oublier leurs dissensions internes et les échecs de 2017 pour se placer au parlement européen, en surfant sur le mouvement anti-Macron initié par les Gilets Jaunes. Ce serait aussi une façon de prendre le leadership de l’opposition politique.

Un objectif partagé par la gauche mais qui paraît inatteignable tant le parti est moribond. La France Insoumise n’échappe pas, elle non plus, aux crises internes autour de son leader Jean-Luc Mélenchon.

 

Loiseau en tête, Bellamy fait des émules

Le parti d’Emmanuel Macron, La République en Marche, reste devant d’une très courte tête dans les sondages nationaux, avec une candidate peu connue du grand public mais spécialiste des affaires étrangères et européennes, Nathalie Loiseau. Elle est créditée de 23% des votes, et son adversaire du Rassemblement National Jordan Bardella de 22,5%.

 

Le RN comme les Républicains ont promu de jeunes loups de la politique. Le parti de Marine Le Pen a l’habitude de donner leur chance à des politiciens débutants. Pour elle, une victoire aux européennes serait le tremplin idéal pour rebondir après l’échec de la présidentielle et le mauvais souvenir du débat d’entre deux tours. Jordan Bardella fait campagne dans la droite ligne du Rassemblement national, sur la question des frontières et de l’immigration.

Le philosophe François Xavier Bellamy, élu versaillais, est un choix très à droite pour le parti de Wauquiez, qui a d’abord divisé. Mais la nouvelle coqueluche du clan LR parvient, au fil de sa campagne, à unifier peu à peu la droite derrière lui. En termes d’intentions de vote, il est toutefois loin derrière les deux précités.


JSB 1325






Journal de Saint-Barth N°1325 du 25/04/2019

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