Sébastien Lecornu, entre Bruno Magras et Edouard Philippe, et avec Annick Girardin, en novembre 2017. La délégation avait visité le chantier de l’hôtel Le Barthélemy, en reconstruction quelques semaines après le passage d’Irma.

Lecornu remplace Girardin rue Oudinot, le ministère de la Mer renaît

Jusqu’alors ministre des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, 34 ans, est nommé ministre des Outre-Mer. Il prendra la suite d’Annick Girardin rue Oudinot, mais cette dernière ne s’éloigne pas beaucoup : elle prend la tête du ministère de la Mer, une entité qui n’existait plus depuis 1991.
Cette renaissance avait été annoncée à demi-mot par Emmanuel Macron, dans son allocution du 14 juin, consacrée à la reconstruction économique post-Covid-19. « Il nous faut créer les emplois de demain par la reconstruction écologique qui réconcilie production et climat (…) », disait-il. « Cela passera par l’accélération de notre stratégie maritime, nous qui sommes la deuxième puissance océanique mondiale. »
Un atout qu’Annick Girardin s’est empressée de rappeler sur Twitter : « Avec fierté, j'ai accepté la mission du président de la République et du Premier ministre d'être ministre de la Mer. Avec plus de 11 millions de km² de domaine maritime en France, plus de 391.000 emplois, 10% de la biodiversité mondiale, les défis à relever sont immenses.» On ignore encore quel sera le champ d’action précis de ce ministère. Originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, en  trois années au ministère des Outre-Mer, Annick Girardin aura marqué par son aptitude tout-terrain et engagé dans la gestion des crises, plus que son poids politique. On se souvient de sa venue le lendemain d’Irma, descendue de l’hélicoptère militaire, rangers aux pieds et sac à dos bien arrimé, demander sans ambages à Bruno Magras : «De quoi avez-vous besoin là, tout de suite ? »
Sébastien Lecornu, tout nouveau ministre des Outre-Mer donc, a la particularité de ne pas être ultramarin, fait inédit depuis 2009. Il est toutefois un fin connaisseur des territoires ultramarins ; il a accompagné à moult reprises Edouard Philippe lors de ses déplacements en outre-mer, y compris à Saint-Barthélemy en novembre 2017. « Je suis un élu local, un enraciné. Je sais ce que c’est l’enracinement, l’attachement à son territoire, à une culture, une histoire et je mesure dans le poids de ce lieu à quel point cette mémoire est présente », a-t-il déclaré lors de la passation de pouvoir, mardi 7 juillet. « Je vais beaucoup attendre des élus locaux. Je suis un des vôtres, je comprends vos difficultés », a-t-il poursuivi, évoquant, outre la crise sanitaire, le dossier de la transition écologique comme l’une de ses priorités.
Ce politique pur et dur, qui a intégré l’UMP à 16 ans, a dû quitter Les Républicains à son entrée au gouvernement Philippe. Proche de Bruno Le Maire, il avait démissionné de la campagne présidentielle de François Fillon après la mise en examen du candidat de la droite, en 2017. A son entrée au gouvernement, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, il a été chargé de plusieurs dossiers sensibles, comme la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ou la Montagne d’Or en Guyane.

 

JSB 1383

Journal de Saint-Barth N°1383 du 08/07/2020

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