Emmanuel Macron accueilli sous les vivas à Saint-Barth

Plus d’une centaine d’habitants sont venus applaudir Emmanuel Macron à l’aéroport dimanche. Le président de la République a salué « l’exemplarité » de Saint-Barthélemy après Irma.

Deux heures de retard. A l’aéroport, les officiels trépignent, le ventre vide. Un représentant de la Collectivité, interrogé sur l’enjeu de la visite présidentielle, répond dans un sourire : « Montrer que tout va bien ». Quand l’hélicoptère militaire se pose sur le tarmac, le premier mot du président Magras au président Macron : « Vous êtes en retard ! » Remarque amicale, le dirigeant local, pourtant Les Républicains, ne cachant pas qu’il apprécie la politique menée par Emmanuel Macron.

« Aujourd’hui tout est prêt pour la saison touristique à venir », commente Emmanuel Macron sur le tarmac, devant une équipe réduite de journalistes. « Nous sommes venus faire une visite d’étape avec le Président, regarder ce que l’on peut aider à améliorer pour l’attractivité et les forces économiques », poursuit-il. « Je veux surtout ici dire combien le travail a été exemplaire, dès après Irma et tout au long de l’année ; dire que Saint-Barth est plus belle que jamais et prête à accueillir les touristes du monde entier pour la prochaine saison touristique, prête à continuer de se développer et nous serons à ses côtés pour cela. »


« Merci d’être revenu »

L’allocution terminée, direction L’Esprit, à Saline, pour un déjeuner avec les élus du conseil exécutif. Quand les portes de l’aéroport s’ouvrent, le Président est accueilli par les bravos et les applaudissements d’une foule avide de selfies et serrage de mains. Le chef de l’Etat, friand de l’exercice, donne quelques minutes de son temps malgré un planning très serré. Une institutrice l’interpelle sur la question du logement, il promet d’en discuter avec Bruno Magras au déjeuner. « Merci d’être revenu », salue un résident. Une fois Emmanuel Macron parti, avec sa suite réduite (sur cinq ministres, seule Annick Girardin est venue à Saint-Barthélemy), en direction du restaurant, Janet confie : « Je voulais le voir car si je ne suis pas trop la politique, j’apprécie vraiment son franc parler. J’ai bien aimé le discours qu’il vient de faire à Saint-Martin », explique-t-elle, ravie d’avoir pu rencontrer Emmanuel Macron, même si elle n’avait « rien à lui demander ». « A part conserver notre statut », complète son voisin, qui lui aussi salue le discours présidentiel musclé de Saint-Martin. « Il fallait venir l’accueillir, c’est quand même un honneur qu’il nous rende visite », conclut Janet. A côté d’elle, Mathilde s’est retrouvée là par hasard, en amenant une amie prendre l’avion. « Je n’ai rien de spécial à lui demander, mais ce n’est pas tous les jours que l’on peut voir le Président », admet-elle. Alors que la foule se disperse, reste un jeune homme à la mine dépitée : « J’attends ma copine, je ne savais même pas que Macron venait aujourd’hui. Mais à cause de lui, elle a trois heures de retard… » lâche-t-il, résigné.


Dans les cuisines de L’Esprit, la journée a été rude pour les nerfs. Le déjeuner prévu à 13 heures pour une cinquantaine de convives a débuté à 15 heures. Avec un impératif : servir rapidement pour que la visite puisse se poursuivre. Une fois la totalité des brochettes de crevettes et tartelettes ananas servies et consommées, le chef Jean-Claude Dufour a enfin pu souffler. Et la visite reprendre, direction l’espace Météo.


Au rez-de-chaussée, le Centre opérationnel territorial (cellule de gestion de crise) s’est réuni pour expliquer à Emmanuel Macron le dispositif mis en place par les autorités et secours en cas de catastrophe, et les nouvelles mesures prises après Irma. « Il faut se servir de l’expérience pour améliorer encore les choses », souligne Emmanuel Macron. « L’expérience, c’est l’avantage des anciens sur les jeunes… » blague Bruno Magras.

 

Invités sélectionnés

A l’étage, une trentaine de personnes sont réunies, sur le deck, depuis plus de deux heures. Les invités ont été sélectionnés par la Collectivité pour leur implication après Irma. Directrices d’école, chefs d’entreprises, personnel hospitalier, directeur du port, gendarmes et pompiers, représentants des différents services de la Collectivité, d’EDF, de la Sidem… Tous ont patienté pour recevoir, un à un, la poignée de main présidentielle. Et échanger quelques mots sur le travail accompli et les éventuelles problématiques.

 

Sylvie Pollien, directrice de l’école maternelle, évoque les problèmes de logement de ses enseignants. Un médecin urgentiste de l’hôpital regrette que le bâtiment ne soit toujours pas réparé et, dit-il, que l’hôpital ait reçu la facture des médicaments et matériels envoyés dans l’urgence par l’ARS après Irma. Emmanuel Macron écoute et félicite chacun. Après quelques entrevues, le staff de l’Elysée met les journalistes dehors. « Le Président souhaite avoir un échange en privé », explique-t-on. Bruno Magras en profite pour lui remettre quelques présents, dont un tableau signé Robert Danet. Enfin, alors que tout ce petit monde se regroupe pour la photo souvenir, le chef d’Etat adresse ses remerciements à l’assistance. « J’ai pris note des demandes, et de ce qu’on pouvait améliorer. J’ai surtout pris note de la volonté et de l’exemplarité dont vous avez fait preuve. J’étais heureux de partager ce moment avec vous. » Le soleil descend, le temps presse.

Au pied du bâtiment, les journalistes tendent une dernière fois leur micro au président pour la question qui les taraude : visite, ou non, sur la tombe de Johnny Hallyday ? « J’ai rendu hommage quand il le fallait à un artiste qui m’était cher et était cher à beaucoup de Français. Le cœur de ce déplacement était une visite de chantier après les ouragans », a-t-il répondu au journaliste de RCI. Si hésitation il y a eu, le Président n’a pas non plus fait déposer de fleurs sur la tombe de l’illustre rockeur.


JSB 1297




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