Elections territoriales : l’heure des tractations a sonné

Les téléphones des élus - ou futurs élus - commencent à vibrer et sonner à une fréquence inhabituelle. Le début de la campagne pour les élections territoriales approche (le 20 mars pour le premier tour) tout comme celle de la date de dépôts des candidatures (entre le 28 février et le 4 mars). Par conséquent, pour les prétendants à la présidence de la Collectivité, il est plus que temps d’achever la constitution de leur liste de compagnons de route. L’heure des tractations a donc sonné et les discussions vont bon train. Avec, déjà, des décisions prises dans les coulisses.

L’indécision furtive d’Hélène Bernier
La première surprise aurait sans nul doute pu provenir de l’élue territoriale d’opposition, Hélène Bernier. En effet, après une mandature au cours de laquelle elle n’est pas passée inaperçue - et c’est un euphémisme - aux côtés de son colistiers de Saint-Barth Autrement Maxime Desouches (qui attend encore avant d’annoncer ses intentions), elle s’est dans un premier temps déclarée peu encline à retenter l’aventure. Néanmoins, après quelques jours de réflexion, sa décision paraît nettement moins ferme. « Pour le moment, je dresse mon bilan des cinq dernières années, explique-t-elle. J’ai fait beaucoup de choses, même s’il est difficile d’être dans l’opposition et de s’entendre dire « non » même pour des propositions de bon sens. » Hélène Bernier estime « qu’il y a encore beaucoup à faire » et commence donc à contacter des colistiers potentiels. « A ma grande surprise, il y a des gens qui sont près à me suivre, s’amuse-t-elle. Mais je veux constituer une liste avec des gens motivés et qui peuvent travailler sur les dossiers. On ne suit pas un candidat parce qu’il est gentil ou qu’il fait de belles publications sur Facebook. » Une petite pique envoyée à Xavier Lédée, avec lequel ses derniers échanges ont été quelque peu acerbes.

Marie-Angèle Aubin rejoint Xavier Lédée
Xavier Lédée, précisément, s’efforce aussi d’assembler une équipe pour battre la campagne. Il est, pour l’heure, le seul prétendant à s’être officiellement déclaré candidat. Après avoir effectué des consultations sur sa page Facebook, autant dans le but d’afficher sa volonté de retenter sa chance en qualité de tête de liste que pour recueillir les avis des uns et des autres sur les thèmes sur lesquels il devra insister lors de sa campagne, l’ancien poulain de Bruno Magras est donc parti à la pêche aux colistiers. Parmi ses premières recrues, Marie-Angèle Aubin, élue territoriale au sein de la majorité sortante. L’actuelle présidente de l’Agence territoriale de l’environnement (ATE) a pris la décision de rallier la cause, enfin la liste, de Xavier Lédée.
Elle s’extirpe ainsi des rangs de l’équipe du président sortant, Bruno Magras, avec lequel elle entretient quelques flagrants désaccords depuis de nombreux mois. Membre du conseil exécutif, elle s’est notamment opposée à l’attribution d’un permis de construire pour une centrale à béton à Petite Saline ou, plus récemment encore, pour un restaurant de plage à Lorient. « Avec Xavier, nous avons des idées communes, affirme Marie-Angèle Aubin. Si on m’avait posé la question il y a un an, j’aurais répondu que j’allais faire ma propre liste. Mais plus il y en a et plus les voix se perdent, donc autant unir nos forces. Même si toutes nos idées ne sont pas concordantes, on peut les exprimer. Dans le groupe de Bruno Magras, on ne peut pas débattre. »

Bruno Magras : « J’ai le temps ! »
Pendant ce temps, s’il reste discret et affiche un sourire facétieux lorsqu’une question sur sa possible candidature lui est posée, le président de la Collectivité a bel et bien l’esprit tourné vers la campagne. « Pour le moment je cherche des jumelles pour observer tout ça de loin, en fumant un bon cigare, s’amuse-t-il. Je ferai ma déclaration à la fin du mois. J’ai le temps !  Il y a cinq ans, je crois que je l’avais faite le 25 février pour un début de campagne le 3 mars. » Néanmoins, par-delà cette confiance de circonstance, Bruno Magras confie : « J’attends aussi de voir ce qu’il se passe dans mon équipe. » De fait, son éventuel maintien aux affaires semble subordonné à la liste de ses accompagnateurs.
S’il n’est pas évident d’en avoir la confirmation, du moins pour l’heure, il se murmure que Nicole Gréaux ne serait pas partante pour un autre mandat. A la différence de Nils Dufau ou Alfred Brin, par exemple. Si tel est le cas, elle laisserait un grand vide. Andy Laplace, Juliette Gréaux et Corinne Febrissy seraient aussi peu enclins à repartir en campagne. Quoi qu’il en soit, Bruno Magras entend conserver une certaine distance avant d’officiellement prendre une décision. S’il choisit de ne pas briguer un sixième mandat, il pourrait soutenir la candidature de Romaric Magras. Mais à la tête de quelle liste, telle est la question ?

Quant à Bettina Cointre, tête de liste en 2017 et conseillère territoriale d’opposition, elle n’a pas encore dévoilé ses intentions. Mais comme le répète le président sortant, il reste du temps. Enfin, un peu, car les six semaines qui séparent les candidats de la date butoir du dépôt de leur liste vont s’écouler à grande vitesse.

Journal de Saint-Barth N°1455 du 13/01/2022

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