Des députés réclament une enquête sur l’eau potable en outre-mer

Sept parlementaires ultramarins soutenus par le groupe France Insoumise ont sollicité la création d’une commission d’enquête sur l’accès à l’eau potable en outre-mer : qualité, effets sur la santé, prix, rendement...

Vaste sujet. Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion (La France Insoumise), ainsi que six autres parlementaires ultramarins, ont déposé une résolution proposant la création d’une commission d’enquête sur l’accès à l’eau potable, sa qualité et ses effets sur la santé en outre-mer. « La situation des territoires d’Outre-mer reste particulièrement préoccupante », assure l’élu. « Premièrement, nous pouvons noter un manque important d’informations sur la collecte, l’assainissement, la distribution de l’eau dans ces territoires. Ces informations sont parcellaires ou inexistantes, par un manque visible de coordination et de communication entre les territoires concernés. Deuxièmement, lorsque les informations existent, elles révèlent de très fortes disparités avec la situation constatable en Hexagone. »

Jean-Hugues Ratenon évoque les différences de prix (« Alors que le prix moyen du mètre cube d’eau est en moyenne à 2,03 euros (2013) au niveau national, ce prix va de 2,22 euros à Saint-Pierre-et-Miquelon à 5,28 euros en Martinique »), le rendement des réseaux (« De 79,9 % en hexagone, il est seulement de 53 % en Outre-mer »), l’accès à l’eau potable (« Par exemple, à Mayotte et en Guyane, on estime que près de 20 % de la population ne dispose pas d’eau potable à proximité du domicile ») et pour finir la qualité de l’eau (« A La Réunion, (…) des parasites seraient présents dans l’eau pour 5 % des abonnés »).

Si le député réunionnais n’a pas évoqué Saint-Barthélemy, notre île est pourtant très concernée par une telle résolution. Le problème de bromates dans l’eau de ville l’a prouvé : aucune étude sur le sujet, peu d’informations... La Collectivité, la Saur et la Sidem se sont trouvées assez seules pour gérer la question.

Mais l’eau de ville n’est pas seule concernée, loin s’en faut. Les problèmes d’assainissement individuel sont courants. Quand à l’eau des citernes, il n’existe aucun contrôle ni sur son utilisation, ni sur sa qualité. D’ailleurs, selon un arrêté ministériel du 21 août 2008, l’usage de l’eau de pluie récupérée est limitée à l’arrosage des extérieurs, les toilettes et le lavage des sols. Autant dire que la législation est très éloignée de la réalité.


… ainsi que sur la protection des littoraux
Dans la foulée, Jean-Hugues Ratenon a également demandé le lancement d’une commission d’enquête sur la protection des littoraux des territoires insulaires ultramarins. Il rappelle que sur les plages, la notion de domaine public maritime est très variée selon les territoires. De plus, leur gestion revient parfois au Conservatoire du littoral, d’autres fois à l’Office national des forêts, ou encore à la DEAL… Des interlocuteurs multiples, ce qui entraîne un flou administratif.

« A l’heure de l’augmentation de la récurrence et de la force des événements climatiques extrêmes et de l’augmentation du niveau des océans, il serait opportun de pouvoir cartographier de façon exhaustive et évaluer la protection des littoraux insulaires et ultramarins. C’est l’objet de cette proposition de résolution », conclut le député.

Pour rappel, à Saint-Barthélemy, pas de règle des cinquante pas géométriques. La définition de la limite entre domaine public et domaine privé est compliquée par les mouvements des plages, et notamment les effets des cyclones.
La Collectivité a lancé en mars 2018 un travail de délimitation de son domaine public maritime.


JSB 1312

Photo > La demande de commission d’enquête de Jean-Hugues Ratenon (tout à gauche) a été cosignée par l’ensemble de son groupe Le France Insoumise, et par certains élus ultramarins de divers bords (Gauche démocrate et républicaine, Les Républicains et Union des démocrates et indépendants).





Journal de Saint-Barth N°1312 du 24/01/2019

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