Ce qu’il faut retenir du discours de Bruno Magras

Le Président a pris la parole samedi sur Tropik FM. Pas d’annonce fracassante, mais un appel à la rigueur dans le respect des consignes, à la bienveillance envers autrui, et à l’union dans la lutte contre le Covid-19.

 

Beaucoup attendaient ces quelques mots du Président de la Collectivité, depuis l’annonce des premiers cas de contamination locale sur l’île. Il a choisi Tropik FM, samedi, pour lire un discours se voulant rassurant et ferme. « Je n’ai pas souhaité le faire plus tôt, car pour être crédibles les propos doivent être étayés par des éléments sûrs et vérifiables. La santé étant un domaine de compétence de l’État, ce n’est qu’à partir des données qui nous sont communiqués par l’Agence Régionale de Santé de la Guadeloupe, que nous pouvons appuyer nos propos. » Après la découverte de trois cas avérés de Covid-19 sur l’île, « la semaine prochaine sera cruciale », a souligné Bruno Magras.

Il a ainsi invité les habitants à respecter le confinement et les gestes barrière, « la seule attitude à adopter », et a fustigé les amateurs de bruits qui courent, de spéculations hasardeuses et de commentaires vipérins, notamment sur les réseaux sociaux. « Ne prêtez pas l'oreille aux rumeurs. Rien n'est caché. Sur notre petite île, ce serait de toutes les manières, impossible. (…) J'observe aussi avec inquiétude des messages ignobles de délation et de diffamation sur les réseaux sociaux. Ceux qui s'y adonnent devront rendre des comptes. La situation dramatique que vit actuellement la planète entière, révèle la grandeur et la bassesse humaine. Faites en sorte que sur notre petite île, le courage et le désintéressement l’emportent sur la lâcheté et la mesquinerie. » Il avait déjà, lors du conseil territorial du 20 mars, qualifié de « bande de clowns » les adeptes des réseaux sociaux prompts à critiquer ouvertement un individu ou un autre, sans parler des institutions.

Samedi, il a également adressé une pensée aux malades du Covid-19, ajoutant que « nous devons être bienveillants à leur égard. Ce ne sont pas des pestiférés. Demain, cela peut être n’importe lequel d’entre nous. » Il a également exprimé ses remerciements au personnel soignant, à celui de la Sidem, de Dalkia Wastenergy, d’EDF, aux collecteurs de déchets, policiers territoriaux, bref tous ceux qui continuent de travailler car ils sont indispensables à tous. « Tous ces services qui font que notre vie quotidienne demeure normale. Cela peut sembler aller de soi. Pourtant ce n’est pas anodin. » Enfin, il a plaidé pour l’union plutôt que la division : « Je sais que beaucoup attendent de la Collectivité qu’elle fasse plus et qu’elle aille au-delà de ses compétences. Je leur réponds que ce n’est pas en jouant les uns contre les autres, en croyant savoir mieux que les autres que nous trouverons des solutions. Il n’y a pas de solutions magiques, de réponses faciles. La lutte contre le virus sera pour longtemps un combat de tous les jours qui exigera discipline et esprit de cohésion. Nous devons nous y préparer. Faisons-nous confiance, cessons d’accuser l’autre, toujours l’autre, de tous les maux. »