Bruno Magras élection sénatoriale.

Bruno Magras ne veut pas du jeu de chaises musicales

Les sept élus qui composent le conseil exécutif sont ceux qui décident réellement. Avec le départ de Micheline Jacques, une place se libère et elle est convoitée. Pourtant Bruno Magras compte ne pas remplacer la sénatrice.

 

Au sein du conseil territorial, au moins quatre prétendants ne cachent pas leur envie d’accéder à davantage de responsabilité : Juliette Gréaux, Elodie Laplace et Romaric Magras, ainsi que l’opposition qui aimerait envoyer un représentant là où tout se décide. Lors de la précédente mandature, la présence de Benoît Chauvin au conseil exécutif était fort utile ne serait-ce que pour la connaissance des dossiers. Par ailleurs, une place au conseil exécutif à un an et demi de l’élection territoriale permet de préparer une montée en grade éventuelle, en 2022.
Mais si le départ de Micheline Jacques laisse une chaise vide, Bruno Magras ne compte pas la remplir. Vendredi au conseil territorial, il a botté en touche. Interrogé par Hélène Bernier sur le remplacement de ce poste vacant au conseil exécutif, il rit : « J’y pense tous les matins en me rasant ! », se lève, et met fin à la discussion.

Jugement de Salomon
L’analyse du Président est la suivante : s’il fallait remplacer Micheline Jacques, ce devrait être une femme, pour respecter la parité. Exit l’envie de Romaric Magras, malgré son engagement auprès de la population. Reste les deux prétendantes sérieuses que sont Elodie Laplace, très impliquée à la tête de la commission culture communication fête et cérémonie, et Juliette Gréaux, qui a beaucoup travaillé sur la nouvelle carte d’urbanisme, sujet délicat s’il en est.
Juliette Gréaux est mieux positionnée sur la liste de Bruno Magras élue en 2017. Mais pour le Président, son emploi de clerc de notaire pourrait favoriser des situations de conflits d’intérêts sur la délivrance de permis de construire. Elodie Laplace a les épaules et l’ambition, et certaines de ses réalisations sont saluées, comme le marché mensuel. Problème, la nomination de l’une ou l’autre entraînerait probablement un conflit au sein de l’équipe Saint-Barth d’Abord, déjà divisée. Laisser éclater une guerre interne est risqué, à dix-huit mois de l’élection territoriale… Mais ce conflit qu’il redoute, le Président pourrait tout aussi bien le provoquer avec ce jugement de Salomon. Dans son équipe, certains ne veulent pas laisser passer cette occasion.
En attendant il devra faire face à la protestation de l’opposition, en premier lieu Maxime Desouches, qui ne compte pas laisser cette porte de sortie au Président. « La loi organique m’autorise à ne pas remplacer Micheline », affirme Bruno Magras. Maxime Desouches n’est pas d’accord et compte bien le faire savoir. Il entraînera dans son sillage sa colistière Hélène Bernier et probablement d’autres élus.
La loi organique stipule qu’en cas « de vacance d’un siège de membre du conseil exécutif autre que le président, le conseil territorial peut décider de compléter le conseil exécutif. » Peut, et non doit. Mais dans le même temps, elle spécifie aussi que « le conseil territorial élit les membres du conseil exécutif. Le conseil exécutif est composé du président du conseil territorial, président, de quatre vice-présidents et de deux autres conseillers. »
La discussion, qui débutera lors de la démission effective de Micheline Jacques du conseil exécutif (elle dispose de trente jours pour le faire) n’est pas terminée.

 

Journal de Saint-Barth N°1391 du 30/09/2020

Micheline Jacques sénatrice
Désir d'autonomie en outre-mer
Don du sang