Les dernières vaches ?

Entre le manque de terrains, la chronophagie imposée par les animaux et surtout un accueil de plus en plus hostile de la population, José Berry pense stopper la reproduction de ses vaches. D’ici un an, il n’y aurait plus de bovin à Saint-­Barthélemy.

José Berry est le dernier Saint-Barth à posséder un petit troupeau de vaches sur l’île. Huit belles bêtes qui paissent dans trois terrains, à Grand Fond et Pointe Milou. Il a détenu jusqu’à 39 têtes par le passé. « C’est par passion, ma famille et moi avons cela dans le sang », explique-t-il. « Dans cette histoire, il faut beaucoup d’amour pour les bêtes. Car elles ne connaissent pas Noël ni les jours fériés, elles veulent manger et boire, tous les jours.»

Pourtant, il envisage sérieusement de mettre fin à sa besogne bovine. Dans les deux mois qui viennent, Saint-Barthélemy pourrait voir naître sa toute dernière portée de veaux. « D’ici un an, il n’y aura sans doute plus de vache sur l’île ».

S’il bénéficie toujours des quelques terrains prêtés par des propriétaires, c’est l’hostilité grandissante de la population à l’égard de ses bêtes à cornes qui le pousse à renoncer, après 26 ans de gestion de troupeaux. Parfois (surtout après Irma qui les a choquées), les vaches franchissent les clôtures et se retrouvent à errer sur la voie publique ou dans les jardins. Certains habitants sont effrayés. D’autres se plaignent du bruit causé par les beuglements. « Il y a des gens ici qui n’aiment pas les bêtes », soupire José Berry. Il y a peu, une habitante a contacté les services vétérinaires de la préfecture, considérant les bovins de Saint-Barth trop maigres et couverts de tiques. Plainte qui s’est révélée infondée. Et récemment, il a même retrouvé blessée l’une de ses vaches, a priori prise pour cible à l’aide d’une carabine à plombs…

Pourtant, dans les années 40 à 70, les vaches de Saint-Barthélemy s’exportaient. « Elles étaient élevées à Grand Fond, à Saline, dans tous les quartiers, et exportées vers la Guadeloupe. A l’époque, il y avait une tuerie municipale à Gustavia », se souvient José Berry. Aujourd’hui, un peu dégoûté par le mauvais accueil qui se généralise, il veut donc raccrocher, le cœur gros. « C’est une page qui se tourne, ce sera avec beaucoup de regrets. »

 




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