Les cloches de Gustavia retrouveront bientôt leur bâtisse historique

Photo > Clocher catholique en 2014 et en 2017 après le passage d'Irma

Détruit par Irma, le clocher de l’église catholique de Gustavia sera rebâti d’ici la fin de l’année, dans le respect des normes dévolues à cet édifice daté de 1881. Retour sur l’histoire mouvementée de ce petit bâtiment situé dans le jardin du presbytère.

L’histoire de ce clocher est tumultueuse. Situé derrière l’église Notre-Dame de l’Assomption à Gustavia, détruit par Irma en 2017, il sera reconstruit dans les prochains mois sous la houlette d’un architecte du patrimoine. C’est loin d’être la première fois qu’un ouragan s’en prend à l’édifice religieux.

L’église catholique a été construite entre 1822 et 1829 ; elle était dotée d’un clocher sur son toit. Le cyclone du 2 août 1837 a tout emporté. Les habitants de Saint-Barthélemy ont alors opté pour un clocher dissocié de l’église elle-même, pour plus de sécurité face aux aléas climatiques. En 1842, l’église est reconstruite, avec un clocher tout en bois devant l’entrée du presbytère. En 1881 un bâtiment en pierres volcaniques, plus solide, vient le remplacer. Coût de la construction à l’époque, 1.500 francs.

26 francs en 1911
C’est la même structure qui se tient aujourd’hui dans la rue du Père Robert-Dugon, derrière l’église. Hormis l’un des angles supérieurs, la partie en pierres a résisté à Irma. Les deux cloches en bronze sont aussi d’origine. La plus grosse a été fondée en 1842 aux Etats-Unis. Il y est inscrit ces mots latins : “Soli Deo Gloria – Assumptionis Eclesia Gustaviae – In Insula Sancti Bartheolomei – Anno DNIC 1842” (A Dieu seul la gloire – Eglise de l’Assomption de Gustavia – Dans l’île de Saint Barthélémy, en l’an de notre seigneur Jésus-Christ 1842).

En 1911, période de vaches maigres à Saint-Barthélemy, le clocher apparaît dans un inventaire. La valeur du bâtiment est estimée à 800 francs, 400 francs pour les cloches, et le terrain en lui-même ne vaut pas plus que 26 francs. Au début du siècle, le clocher souffre du manque de moyens nécessaires à son entretien. Les cyclones l’atteignent durement, des réparations sont faites à chaque fois, mais pas de réelle reconstruction. Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour une vraie rénovation, en 1994.


En 2017, Irma détruit la partie haute du clocher, jette à terre les cloches et leur support, mais la partie en pierre résiste. Les services techniques de la Collectivité ont nettoyé les débris, mais conservé les cloches et quelques parties récupérables, notamment la croix qui surmontait l’édifice et les abat-sons, ces sortes de persiennes en bois qui laissent entrer la lumière dans la tête du clocher. Le son de la cloche principale devra être réglé par un spécialiste. La seconde est à l’abri, en bon état. La Collectivité fait appel à un menuisier qui devra reconstruire le beffroi, support de la cloche, dans les règles de l’art : le bâtiment est inscrit aux monuments historiques depuis 1995.
Le coût total de la reconstruction s’élève à 245.400 euros. Le conseil exécutif a demandé à la Direction des Affaires culturelles une aide de 50.000  euros, et attend la réponse. La mission conduite par Stéphane Bern et la Fondation du Patrimoine à l’échelon national avait offert 30.000 euros pour ce projet. Une convention entre les deux parties a été signée en avril 2019 pour que cet accord aboutisse.


 
> Historique et photos issus du rapport de présentation réalisé par l’architecte du patrimoine Tristan Schebat.

Journal de Saint-Barth N°1380 du 17/06/2020

Saint-Barth ne veut plus attendre
Fêtes de quartier
25 ans de Bruno Magras