Saint-Barth -

Journées du patrimoine : Un voyage dans le temps, malgré Fiona

Le passage de la tempête Fiona sur les îles du Nord, le week-end dernier, n’a pas empêché les quelques manifestations programmées dans le cadre des Journées européennes du patrimoine d’avoir lieu à Saint-Barth. Même si les visites du samedi ont dû être annulées.

Le vendredi 16 septembre, la tempête Fiona est en approche de l’arc antillais. Les îles du Nord vont être touchées par des vents et de la pluie dans quelques heures mais il reste du temps avant que les averses et les rafales ne perturbent le déroulement des Journées européennes du patrimoine à Saint-Barth. Par conséquent, des écoliers ont encore la possibilité de partir à la découverte des vestiges d’un site amérindien mis au jour à Saint-Jean par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Une visite rendue possible grâce au concours de l’association Saint-Barth Héritage, notamment pour les élèves de la Minischool dans la journée de vendredi.

Déception et pluie de questions
La perspective de ce voyage dans le passé de Saint-Barthélemy n’est pas sans provoquer un certain émoi chez les écoliers, qui vont toutefois se heurter à la réalité du terrain. « Quand l’excitation des élèves se trouve malmenée par la difficulté de projection dans l’espace et le temps, alors la visite prend tout son sens », explique la fondatrice de la Minischool, Emmanuelle Astier, qui raconte : «Tous très conscients de la chance qui leur était donnée et fiers de quelques notions sur le sujet. Il leur a fallu apprivoiser l’espace, essayer d’apprendre à voir, puis se concentrer pour s’imaginer les périodes différentes, faire abstraction de tout l’environnement et essayer de se projeter non sans difficultés. Ce ne fut pas un exercice facile. » Car, bien entendu, les élèves s’attendaient à découvrir des poteries, des statuettes et d’autres objets bien concrets. « Ils souhaitaient secrètement découvrir des ossements », confie leur enseignante. Malheureusement, rien de tout cela.
« Heureusement l’accueil, les explications, l’expertise et la gentillesse de l’archéologue de l’Inrap, Nathalie Sellier-Ségard, ont permis de dissiper leur déception, assure Emmanuelle Astier. Aujourd’hui, ils gardent à l’esprit l’observation des feux de camp, incroyablement bien conservés. Et de cette rencontre sont nées de nombreuses interrogations et autres réflexions sur les Amérindiens.» L’enseignante en dresse la liste, non-exhaustive.
« Comment vivaient-ils ? Comment savaient-ils que ce « comptoir » existait ? Comment se le transmettaient-ils ? Y avait-il toujours un ancien expérimenté pour les conduire ? Comment naviguaient-ils ? Comment se repéraient-ils en mer ? Où sont les sépultures ? Y en a–t-il sur notre île ? Quels rites avaient-ils ? Comment se protégeaient-ils des événements climatiques ? » Etc. De quoi alimenter les discussions en classe et, surtout, l’imagination fertile et la soif de découverte des élèves. Ceux-ci ont toutefois pu observer quelques traces concrètes de la présence des Amérindiens sur l’île.

Des vestiges plus récents
En effet, autour des feux de camp, ils ont été invités par Nathalie Sellier-Ségard à se plonger dans l’examen de restes d’outils fabriqués à partir de lambis, appelés herminettes. « Les explications de l’archéologue ont aiguisé leur curiosité, se réjouit Emmanuelle Astier. Malheureusement, la météo nous a chassé du site et nous n’avons pas pu voir en détail les autres découvertes. Aussi la frustration laisse place à une forte envie d’y retourner car le suspense reste entier ! »
Parallèlement à la découverte des quelques vestiges, les élèves ont pu se confronter à l’histoire plus récente de l’île. Particulièrement dans le domaine du traitement des déchets. « Sur le site, datant du XXe siècle, des décharges sauvages et des enfouissements jouxtent les débris d’outils amérindiens », constate la fondatrice de la Minischool. Une nouvelle source de questionnement pour les élèves face au « choc des époques et des empreintes laissées par l’Homme comme une triste évidence », regrette Emmanuelle Astier qui ajoute : « C’était très éloquent pour eux (les élèves). »
Malgré les caprices de Fiona, les enfants ainsi que les adultes accompagnateurs ont pu se plonger dans l’univers de l’archéologie. En découvrant, par exemple, l’existence de métiers encore inconnus pour eux tels que géomorphologue, tracéologue, topographe ou encore palynologue. Une sortie des plus enrichissantes.

 

A la (re)découverte de l’architecture suédoise

Une quarantaine de personnes a participé à la visite guidée organisée par Saint-Barth Héritage et le Domaine Félicité, dimanche dans les rues de Gustavia (photo DR)

 

Si les pluies et les vents de la tempête Fiona ont entraîné l’annulation des visites dans Gustavia programmées samedi 17 septembre par l’association Saint-Barth Héritage et le Domaine Félicité. Fort heureusement, malgré une météo peu engageante, la journée du dimanche a permis aux curieux de parcourir Gustavia de partir à la découverte - ou redécouverte - de l’architecture qui date de l’époque suédoise de Saint-Barthélemy. Plusieurs dizaines de personnes ont ainsi arpenté les rues de Gustavia, marchant de bâtisse en bâtisse. Certaines devenues anonymes, parfois même en ruine en raison de l’usure du temps ou des fureurs d’Irma, parfois laissées à l’abandon. D’autres, devenues des bâtiments officiels, comme le musée territorial du patrimoine, le Brigantin. Une visite guidée par Saint-Barth Héritage qui n’a pas manqué, par certaines anecdotes historiques, de surprendre bien des participants à l’événement.

 

Journal de Saint-Barth N°1486 du 22/09/2022

Le guide des activités culturelles et sportives
La biodiversité déclinée dans un photo-guide.