Hélène Bernier : « C’est tout un pan de notre histoire qui s’en va »

Le débat ne s’apaise pas. Si elle a renoncé en entraver le chantier, Hélène Bernier multiplie les recherches autour des murets de Grand Fond.

 

« C’est tout un pan de notre histoire qui s’en va », regrette l’élue Saint-Barth Autrement Hélène Bernier. Habitante de Grand Fond, elle compile tous les documents possibles concernant les murets en pierres sèches du quartier. Elle cite ainsi un ouvrage du célèbre Suédois Samuel Fahlberg, “L’examen des terres à St Barthélemy” daté de 1787, où il est fait mention de ces ouvrages. Ils permettaient aux habitants de délimiter leurs terres et parquer leurs bêtes. Dans la thèse rédigée dans les années 70 par une universitaire bretonne, Doryane Bac-Tarrer, “Traditions et changements dans l’île de Saint-Barthélemy”, l’autrice décrit les murets comme un témoignage de la vocation agricole de la partie au Vent de l’île. « Il convient de souligner que dans la région de Grande Saline, Grand Fond, Petit-Cul-de-Sac et Grand-Cul-de-Sac, quelques vieux paysans s’obstinent à relever sans cesse et entretenir ces murs en pierres sèches, qui symbolisent un passé dans lequel les Saint-Barths tiraient de la terre la presque totalité de leur subsistance. » Des propos qui résonnent à l’oreille d’Hélène Bernier : « Mon père était payé 10 centimes de francs quand il avait douze ans pour faire ce travail », raconte-t-elle. « Les murets que la Collectivité est en train de refaire seront jolis, je n’en doute pas, mais ce ne sera plus pareil. On perd le savoir-faire, on perd l’histoire, on perd l’aspect écologique de ces ouvrages qui laissaient passer l’eau et les animaux, puisque le béton à l’intérieur est hermétique. »

Journal de Saint-Barth N°1378 du 03/06/2020

Energy Observer
Murets de Grand Fond
Tests, quatorzaine, ouverture de l'île