Saint-Barth - Activité cyclonique 2023 ©Météo France

Activité cyclonique 2023 ©Météo France

Une saison cyclonique annoncée « hyperactive »

Comme chaque année, l’équipe de recherche sur la météo tropicale et le climat de la CSU (Colorado State University) a publié début avril ses premières prévisions pour la saison cyclonique à venir. Une saison qui s’annonce d’ores et déjà « hyperactive » avec une activité « très sensiblement supérieure à la normale des années 1991 à 2020 », souligne Météo France. Selon la CSU, 23 cyclones devraient être nommés, dont 11 ouragans. Parmi ces derniers, cinq devraient atteindre des intensités majeures. Des tendances qui se révèlent, en effet, supérieure à celles des années précédentes.
Dans sa synthèse des prévisions d’activité cyclonique publiée le vendredi 5 avril, Météo France rappelle que les normales de saison sur le bassin Atlantique, la mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique est de 14 à 15 cyclones nommés et 7 ouragans entre 1991 et 2020. Sur les dix dernières années, les moyennes sont de 17 cyclones nommés et 7 ouragans. Lors des vingt dernières saisons cycloniques, les activités record (basses et hautes) sont les suivantes : seulement 8 cyclones nommés en 2014 contre 30 en 2020, 2 ouragans en 2013 contre 14 en 2005. Selon les scientifiques de la CSU, la saison 2024 présente des caractéristiques similaires à celles de 1878, 1926, 1998, 2010 et 2020.
« Si l’on regarde les années passées, il n’y a pas de relation forte entre le nombre de cyclones nommés sur l’ensemble du bassin et les impacts sur l’arc Antillais », précise Météo France, qui ajoute : « Un seul cyclone suffit pour impacter fortement un territoire et laisser une trace de saison catastrophique. »

Retour de La Niña
Si les tendances et prévisions sont aussi hautes à l’approche de la saison, c’est principalement, expliquent la CSU et Météo France, en raison de l’influence d’un épisode de La Niña en cours de saison. La Niña est l’homologue « froid » du phénomène climatique réchauffant El Niño. Elle entraînera donc un refroidissement des eaux d'une partie du Pacifique, avec des conséquences bien différentes d'El Niño. L'un de ses effets les plus remarquables, souligne le site Futura Sciences, est celui associé aux phénomènes cycloniques. « Alors que les années El Niño sont plus calmes en termes d'ouragans, La Niña est bien connue pour donner lieu à des ouragans plus intenses et plus nombreux dans l'océan Atlantique nord, d'autant plus dans un contexte de réchauffement des océans. » Pour résumer, El Niño réduit le risque de formation d'ouragan au-dessus de l'Atlantique en générant davantage de cisaillement et supprime l'activité cyclonique. En revanche, à l’inverse, La Niña réduit le cisaillement des vents en altitude et favorise la formation des ouragans.
Des températures superficielles de l'océan Atlantique en moyenne plus chaudes que les normales saisonnières, une bascule vers un phénomène La Niña… « Ces deux contributeurs principaux à l’activité sur le bassin Atlantique sont en phase pour que 2024 soit une saison cyclonique nettement plus active que la normale », ponctue Météo France.
Toutefois, l’ensemble de ces données issues de tendances et autres prévisions vont encore évoluer dans les prochaines semaines. Pour exemple, certaines organismes scientifiques se montrent plus patients avant d’avancer la moindre tendance. Comme la National Oceanic and Atmosphéric administration (NOAA) qui ne dévoilera ses prévisions que le 23 mai.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1562 du 11/04/2024

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