« Tous les ingrédients d’une saison cyclonique active sont réunis »

Comme tous les organismes météorologiques qui étudient la saison cyclonique dans l’Atlantique, Météo France Antilles Guyane a revu ses estimations à la hausse. Le mois de septembre sera crucial.

«Tous les ingrédients sont réunis pour une saison cyclonique active », indique Thierry Jimonet, responsable du centre Météo France Guadeloupe, en cette fin de mois d’août. « On se dirige vers un phénomène La Niña peu intense mais bien présent tout de même dans les semaines voire les mois qui viennent. La température de la mer est plus chaude que la normale. Avec tout ça il faut une atmosphère moteur. » Jusqu’à aujourd’hui elle ne l’est pas vraiment : les vents d’altitude et la brume de sable limitent la montée en puissance des dépressions. « Mais nous entrons dans le cœur de la saison au mois de septembre, qui est statistiquement le plus intense. Et là l’humidité de l’air devrait se renforcer, ce qui est une condition favorable pour la formation des ouragans. »

Il faut s’attendre
à des ouragans majeurs

Comme les Américains du NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), Météo France a donc publié début août une tendance revue à la hausse pour le pic d’activité cyclonique : l’organisme prévoit vingt ouragans, contre une moyenne de quinze sur les vingt dernières années. Le record, daté de 2005, est à 27 cyclones nommés ; tandis que l’année la plus calme, en 2014, en a vu passer huit.

Cette année, une quinzaine de phénomènes ont déjà été baptisés depuis le 16 mai, dont deux ouragans en début de saison, formés dans le Golfe du Mexique : Hanna le 24 juillet, et Isaias le 30 du même mois.
Le NOAA prévoit, lui, 19 à 25 ouragans au total, et met en garde sur une fin de saison « extrêmement active ». Son directeur a même alerté sur la possibilité de cyclones plus puissants et plus lents.
« Si la saison se déroule tel que prévu, il faut s’attendre à des ouragans majeurs en septembre », confirme Thierry Jimonet, qui rappelle qu’on «ne peut pas aller au-delà de quinze jours en termes de prévisions météo. » Et invite les habitants des Antilles à « rester très vigilants dans les semaines qui viennent. »

 

> Photo : Le week-end dernier des vigilances ont été émises à l’approche de la tempête Laura sur nos îles. Saint-Barth n’a pas souffert, face à des vents de 60 km/h, et a bénéficié d’environ 110 mm de pluie. Mais la tempête Laura s’est depuis renforcée, elle devait atteindre le stade d’ouragan hier. Sur Hispaniola, les inondations et chutes d’arbres ont entraîné la mort de plus de vingt personnes à Haïti et en République Dominicaine. Laura, en tant que cyclone, est attendue sur les côtes de Louisiane et du Texas ce mercredi.

JSB 1386

Journal de Saint-Barth N°1386 du 26/08/2020

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