L’imprévisible saison cyclonique

Le point avec un météorologue à trois jours de l’ouverture officielle de la saison cyclonique 2019, samedi 1er juin. Avec un mot d’ordre : ce genre de prévisions à plusieurs mois ne doivent pas être prises au pied de la lettre.

 

«L’ensemble des centres de prévisions météorologiques prévoit une activité cyclonique égale ou légèrement supérieure à la normale pour 2019», indique Thierry Jimonet, responsable du centre Météo France de Guadeloupe. C’est à dire douze phénomènes nommés, parmi lesquels cinq ouragans dont deux majeurs. « Après, est-ce que c’est quelque chose de pertinent… il ne faut pas sauter sur ces prévisions. » En effet, chaque année à cette période, chaque centre y va de son pronostic. Mais la saison cyclonique dure jusqu’au 30 novembre, avec un pic entre août et octobre, et les conditions peuvent changer rapidement au fil des semaines.

Pour dessiner cette tendance, Météo France se base comme tous les météorologistes sur le phénomène El Niño, actuellement présent dans le Pacifique. « Qui dit El Niño, dit moins d’activité cyclonique. Ensuite, on étudie la température de l’océan. Elle est globalement plus élevée que la normale, mais cela ne traduit pas ce qui peut se passer localement. Par exemple dans l’arc antillais, on est dans la normale, voire en dessous », détaille Thierry Jimonet. «Enfin, toujours du fait d’El Niño, nous sommes dans une situation sèche sur les Caraïbes. Moins d’humidité, c’est moins d’éléments moteurs pour les cyclones. »

 

La force avant la quantité

Tous ces facteurs peuvent évoluer au cours de la saison. C’est ce qu’il s’est passé l’an dernier : El Niño a faibli, et les Etats-Unis ont vu deux ouragans majeurs déferler sur leurs côtes. « On continue d’étudier les éventuelles anomalies dans la température de la mer, ou un affaiblissement d’El Niño. Mais on se souvient de 1989 avec Hugo. Les prévisions annonçaient une saison normale ou légèrement en dessous, cela n’a pas empêché un catégorie 4 de frapper l’archipel guadeloupéen. » En effet, ce n’est pas tant le nombre de phénomènes que leur puissance qui importe. Il suffit d’un Irma pour ravager un territoire. «Le principe de précaution s’applique. » Il est donc temps de penser aux piles, réserves d’eau et de produits secs, etc.

 

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Andrea, c’est fait

La première tempête de la saison a été nommée le 20 mai. Andrea est restée au stade de tempête pendant seulement 24 heures, conservant plus ou moins sa position, à 540 km des Bermudes, avant de remonter vers le Nord.

Les noms des prochains phénomènes : Barry, Chantal, Dorian, Erin, Fernand, Gabrielle, Humberto, Imelda, Jerry, Karen, Lorenzo, Melissa, Nestor, Olga, Pablo, Rebekah, Sebastien, Tanya, Van, Wendy. Pour rappel, il existe six listes de prénoms, qui tournent. Sont supprimés les noms de phénomènes qui ont fait des victimes ou d’importants dégâts. Ainsi, on ne verra plus jamais de Luis ou d’Irma se former dans l’Atlantique. En revanche, un potentiel José (celui qui devait arriver sur les îles du Nord quelques jours après Irma) pourra revenir en 2023.


JSB 1330






Journal de Saint-Barth N°1330 du 29/05/2019

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