Le plan cyclone 2020 présenté

La saison cyclonique a débuté le 1er juin et se terminera le 30 novembre, avec un pic d’activité généralement constaté aux mois d’août et septembre. La Collectivité et la préfecture, en lien étroit avec le Stis, ont peaufiné leur plan cyclone, présenté lundi 6 juillet.

 

A l’issue de cinq réunions, le “plan cyclone” 2020 de la Collectivité et la préfecture de Saint-Barthélemy et Saint-Martin est abouti. Il a été présenté par la première vice-présidente Nicole Gréaux, le représentant de l’Etat Olivier Basset, et les deux lieutenants du Stis, Christophe Laurens et Thierry Brin, lundi 6 juillet.
Du changement au niveau administratif : la préfecture des Îles du Nord a réalisé un plan Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) général, et un plan Orsec spécial cyclone, ratifiés le 9 juin par arrêté. Ces documents précisent qui fait quoi, et qui assure la gestion de crise, « avec des ajustements tenant compte de l’expérience Irma et adaptés à nos territoires, ce qui leur offre un cadre juridique », souligne Olivier Basset.

A l’Espace Météo
En cas de crise, le COT (centre opérationnel territorial) reprendra du service. Pas à l’aéroport comme après Irma, mais à l’Espace Météo, réaménagé et reconstruit spécialement pour emplir ce rôle. « Avec une zone de repli à la gendarmerie en cas de problème », précise Nicole Gréaux. Le COT est sous la responsabilité conjointe de la préfète et du Président de la Collectivité, et un commandant des opérations de secours (COS) -en l’occurrence le lieutenant Laurens ou son adjoint le lieutenant Brin- coordonne l’action sur le terrain. Le rôle des services techniques de la Collectivité, fondamental mais jusqu’alors informel, a aussi été encadré noir sur blanc. « L’organisation est plus conforme à ce qui se fait sur le territoire national », résume Olivier Basset. « Les écritures sont des passages obligés, mais évidemment c’est la qualité des hommes, le sens de la responsabilité et l’esprit de solidarité qui dominent en cas de crise. » Concrètement, cette année, les sapeurs-pompiers ont réalisé une vidéo de prévention, mettant en scène les acteurs du territoire, qui doit être largement diffusée : Yannick Gréaux y parle de l’aspect météorologique, Fred Questel (Dalkia Wastenergy) de la question des déchets, Frédéric Aubin (EDF) de la partie énergie et groupes électrogènes, Thomas Gréaux (président de la Cem) des comportements à adopter, Christine Moizan (Croix-Rouge) de la prévention individuelle, etc. Un nouveau dépliant sera aussi édité, et bientôt traduit en anglais et portugais.

Nicole Gréaux rappelle pêle-mêle l’essentiel : « Dès la vigilance orange, les avions commencent à déserter l’aéroport pour se mettre à l’abri ; il est donc nécessaire d’être très prudent pour éviter tout besoin d’Evasan en même temps », explique-t-elle. « Concernant les véhicules du Stis (les pompiers avaient perdu plusieurs de leurs engins durant Irma, la caserne étant submergée, ndlr), l’une des quincailleries de Public et le supermarché U ont accepté de mettre à disposition leurs locaux pour les abriter. EDF fonctionnera tant que ça peut fonctionner. L’avantage est que depuis Irma nous avons enfoui bon nombre de réseaux, l’électricité pourra donc être rétablie plus rapidement. Nous avons conservé deux gros groupes électrogènes sur l’île, opérationnels si besoin. »

Concernant les abris sûrs, ils ouvrent dès la vigilance orange, avec un nouveau lieu d’accueil cette année : l’école de musique Alcide-Terrac rejoint l’école primaire de Gustavia, le collège, le local ALC à Corossol et l’école Saint-Joseph de Lorient. « Si un phénomène aussi important qu’Irma devait se produire, la préfecture demandera aux habitants des zones côtières d’évacuer immédiatement. » Concernant le centre d’accueil dédié aux « personnes grabataires, volontairement, je ne donnerai pas le lieu aujourd’hui. Il est très important que toutes les personnes qui pourraient avoir besoin d’une place en abri-sûr se signalent dès à présent au service social, pour que nous puissions évaluer les besoins », poursuit la première vice-présidente. Elle souligne que ces abris seront équipés en masques et gel hydroalcoolique, pour éviter tout risque de contamination au Covid-19 en situation de promiscuité. Des renforts de la sécurité civile pourraient être installés en amont au centre d’hébergement de Saint-Jean, et la Collectivité sollicitera un renfort pour l’équipe médicale de l’hôpital en cas d’aléa cyclonique.

Au niveau des déchets, « il reste encore l’équivalent de deux barges de déchets encombrants stockés sur le terrain de Saint-Jean. On essaie de les évacuer d’ici le mois d’août », indique Nicole Gréaux, sans trop y croire. « Si un cyclone devait arriver, il est prévu de recouvrir ces déchets de terre, pour qu’au moins ils ne se transforment pas en projectiles. » Concernant les encombrants, dont il est difficile de se débarrasser depuis que la Collectivité a restreint les dépôts au site de propreté, « il faut prendre conscience que le nettoyage doit être fait tout au long de l’année. » Pour les végétaux, en cas de besoin, la police territoriale peut délivrer des dérogations exceptionnelles de brûlage, sur demande.

> Infos  : www.comstbarth.fr
www.saint-barth-saint-martin.gouv.fr

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Cinq phénomènes nommés, une saison active attendue

Le premier phénomène de la saison cyclonique est arrivé en avance, le 16 mai, pour la sixième année consécutive, avec la tempête Arthur. Elle a été suivie par Bertha. Les deux ont affecté les côtes américaines en provoquant notamment des inondations. Début juin, Cristobal a été nommé. Ce système est né dans le Pacifique, a traversé l’Amérique centrale puis repris de la vigueur en mer, avant de remonter vers les Etats-Unis. Il a causé d’importants dégâts au Mexique où cinq personnes sont décédées dans des inondations et des glissements de terrain. Fin juin, la tempête tropicale Dolly a été baptisée au large des côtes américaines, qu’elle a longé en direction du Nord sans créer de dommage. Le 3 juillet, c’est la tempête Edouard qui est née, encore une fois au large de la Floride.
Les prochains seront donc Fay, Gonzalo, Hanna, Isaias… Pour 2020 les météorologues américains ont annoncé une saison cyclonique plus active que la normale. La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) prédit treize à dix-neuf tempêtes sur l’Atlantique Nord, dont 6 à 10 pourraient devenir des ouragans et 3 à 6 des ouragans majeurs. L’université du Colorado, qui publie également chaque année des prévisions, les a revues à la hausse début juin en constatant l’augmentation de la température de la mer. Météo France prévoit une saison autour de la normale, et peut-être plus active en fin de saison, si le phénomène La Niña devait se renforcer, ce qui est une possibilité.
Quoi qu’il en soit, rappelons qu’il suffit d’un seul cyclone sur le territoire pour causer des dégâts ; il convient donc d’être prêt quels que soient les pronostics.

 

Journal de Saint-Barth N°1383 du 08/07/2020

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