Les cyclones Sally, Paulette, René, Teddy et Vicky, le 14 septembre. L’arc antillais est passé entre les mailles du filet. ©NOAA

En 2020, deux fois plus de cyclones que la moyenne et une foule de records

La saison cyclonique 2020 a été marquée de plusieurs records, et en premier lieu sur le nombre de phénomènes nommés, trente au total. Pour autant, si l’on calcule l’énergie globale de ces tempêtes et ouragans sur la saison, elle est forte mais très en deçà de l’année 2017.

 

L’année 2020 aura été marquée par une saison cyclonique record, avec 30 phénomènes nommés, et un trente-et-unième qui n’a pas reçu de prénom. Le précédent record datait de 2005 avec 28 phénomènes nommés. Neuf lettres de l’alphabet grec ont été utilisées pour compléter les vingt-et-un prénoms de la liste officielle.
« C’est une multiplication par deux par rapport à la moyenne sur les deux dernières années, qui est de quinze phénomènes nommés par saison », note Thierry Jimonet, responsable du centre Météo France Guadeloupe. « Et sur ces trente phénomènes on a vu 13 ouragans, contre 7 en moyenne, dont six majeurs, contre 3 en moyenne. »
Toutefois, une autre donnée nuance les choses. Il s’agit du paramètre ACE (pour Accumulated Cyclone Energy), «une intégrale entre la vitesse des vents et la durée des phénomènes, qui permet de calculer l’énergie cumulée sur une saison. Cette année la valeur est de 178, contre 126 en moyenne. Mais si l’on compare à 2017, on était à 225. » Ce chiffre est important car «l’énergie, c’est elle qui est prépondérante dans les dégâts que peuvent causer les cyclones. »
La saison a débuté précocement pour la sixième année consécutive, avec une première tempête, Arthur, nommée le 16 mai. Trois autres records cette année : quatre ouragans majeurs se sont développés après le 1er octobre, Delta, Epsilon, Eta et Iota. Le précédent était de deux. De même, Iota, qui a dévasté plusieurs régions d’Amérique centrale le 16 novembre, décroche la palme de l’ouragan catégorie 5 le plus tardif lors d’une saison cyclonique. Du jamais vu depuis le 8 novembre 1932 à Cuba. Enfin, troisième donnée clé, le mois de septembre a été le plus actif jamais enregistré en termes de quantité de phénomènes, de Nana à Teddy.
L’arc antillais a été épargné cette année, contrairement aux Etats-Unis et à l’Amérique centrale. Le plus proche de nos îles était Teddy, fin septembre, un ouragan puissant qui est passé à 300 km de nos côtes.

Journal de Saint-Barth N°1401 du 09/12/2020

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