Violences conjugales : « Je ne suis pas ici pour l’enfoncer »

Un homme a été condamné jeudi par le tribunal pour des faits de violences sur sa concubine, sur fond de consommation de drogue et d’alcool.

La femme d’une cinquantaine d’année appelle les gendarmes le 1er janvier, réfugiée dans sa chambre à coucher. A leur arrivée, les militaires ont du fil à retordre pour calmer les deux protagonistes, la femme et son compagnon. Spontanément, elle leur remet un sachet de 33 grammes de cocaïne, s’exclamant que celui-ci est complètement «addict ».

Une fois le ton revenu normal, elle raconte. Une histoire de choix programme télé a mis le feu aux poudres, conduit à une dispute, et elle a subi des violences en tentant de se soustraire à son compagnon. Elle affirme aux gendarmes que ce n’est pas la première fois que son conjoint use de la force, et que le problème de ce dernier est lié à une consommation excessive de cocaïne et d’alcool.

Jeudi, le prévenu était absent de l’audience du tribunal correctionnel à Saint-Barthélemy. La victime, elle, est venue. A la barre, elle a raconté de nouveau, très émue, et insisté : « Je ne suis pas ici pour l’enfoncer. C’est un gentil garçon, il a toujours dit qu’il arrêterait, mais il est mal entouré, il se fait manipuler… » raconte-t-elle. Elle ne s’est pas portée partie civile dans l’affaire.

« Je demande qu’on lui donne un avertissement pour qu’il arrête de boire. On est en train de le laisser mourir», jure-t-elle, décrivant un comportement très addictif à la drogue et l’alcool.

Portrait tout à fait exagéré selon l’avocat de cet homme natif de Saint-Barth. « Il dit que c’est elle qui commence à mettre les claques, qu’elle est la première à lui mettre un verre dans la main quand il rentre du travail », assure-t-il. Puis, s’adressant à la victime : « Je l’ai rencontré à plusieurs reprises, il est loin d’être dans l’état que vous décrivez. Il dit que vous lui faites peur, que vous avez pris en main sa comptabilité… » Elle s’insurge : « Heureusement que je l’ai fait ! » Le conseil liste les virements dont a bénéficié la victime de la part de son concubin, qu’elle ne nie pas.

Quelles que soient les circonstances de leur vie de couple, un médecin a sollicité sept jours d’ITT (interruption totale de travail) pour la victime, et les photos des ecchymoses sont décrites comme «tout à fait parlantes » par le procureur. « On peut gloser sur sa quantité exacte de consommation, toujours est-il que les gendarmes ont trouvé 33 grammes de cocaïne chez lui », note le magistrat. Le président est de son avis. Il condamne l’homme, dont le casier judiciaire était vierge, à trois mois d’emprisonnement assortis de sursis, et à une obligation de soins concernant ses addictions.

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Une autre affaire de violences intrafamiliales

Un habitant de Saint-Barthélemy a lui aussi été condamné jeudi pour des violences envers sa compagne et mère de ses enfants, commises en 2017. Aucun des deux protagonistes n’était présent au tribunal. L’homme était alcoolisé lorsqu’il s’en est pris à sa petite amie dans l’hôtel dans lequel elle travaillait, détériorant au passage le mobilier de l’établissement. Il a remboursé ce dernier dans les trois jours. Après enquête et auditions, il s’est avéré que les violences étaient fréquentes. Il lui arrivait de la pousser hors du lit pour qu’elle tombe, lorsqu’il rentrait trop éméché, notamment. Elle a raconté avoir à plusieurs reprises dormi dans sa voiture, près de la gendarmerie, car elle avait peur de rentrer chez elle. La femme ne s’est pas constituée partie civile, et aujourd’hui, le couple est séparé et a visiblement retrouvé de la sérénité : la famille est même partie ensemble en vacances à Noël. Le père a été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’à une amende de 300 euros pour les dégradations, là aussi assortie de sursis.  

JSB 1278





Journal de Saint-Barth N°1278 du 09/05/2018

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