Un SDF vend un terrain et se fait vider son compte en banque

Cinq personnes étaient jugées jeudi à Saint-Martin pour avoir vidé le compte d’un SDF de Saint-Martin, qui avait touché 359.000 euros de la vente d’un terrain à Saint-Barth.

En 2013, un homme originaire de Saint-Thomas, qui vit sans domicile fixe à Saint-Martin, vend un terrain qui lui appartenait, à Saint-Barthélemy. De quoi se renflouer : l’homme perçoit 359.000 euros. Mais un an plus tard, son compte est vide. Et visiblement, ce n’est pas lui qui a dilapidé la somme. Il porte plainte à Saint-Martin.

Cinq prévenus ont été jugés jeudi dernier dans cette affaire, pour escroquerie, escroquerie en bande organisée et recel. Le premier maillon de la chaîne est le guichetier d’un bureau de poste saint-martinois. C’est lui que venait voir la victime pour ses retraits d’argent. Le guichetier était donc au courant que son client, marginal, et décrit par son avocat comme alcoolique et toxicomane, avait en fait un compte en banque bien garni. En soixante-treize retraits, le guichetier, qui connaissait la signature et détenait la photocopie de la pièce d’identité de la victime, vole 59.580 euros à cette dernière. « Je n’en suis pas fier, c’est le plus grand regret de ma vie », a-t-il déclaré au tribunal, des propos rapportés par nos confrères du Pélican. En 2015, La Banque Postale le met à pied puis le licencie. Elle a également porté plainte contre lui.

Une « dame de Saint-Barthélemy » instigatrice ?

Quels rôles ont joué les quatre autres accusés ? L’un d’eux est agent de sécurité de La Poste. Il a tout bonnement ouvert un compte en ligne avec l’identité de la victime, et a effectué plusieurs virements, pour un total de 242.850 euros. « C’est une dame de Saint-Barthélemy qui avait fait ouvrir le compte internet, ce n’est pas moi. Elle avait déjà pris des milliers d’euros sur ce compte » déclare t-il à la barre. « Il ne peut pas être l’instigateur », ajoute son avocat. « C’est cette dame de Saint-Barthélemy qui lui a donné les codes du compte bancaire, mais elle n’a jamais pu être identifiée. »

Le « bon plan » a été donné à l’agent de sécurité par l’un de ses collègues de Guadeloupe, qui connaissait le SDF et sa fortune. Le premier a aussi fournit le compte en banque de son ex-compagne à Saint-Martin. Elle affirme qu’elle n’était pas au courant de la provenance de ces sommes, dont elle a gardé une partie pour elle.

Le cinquième prévenu est un peu en dehors du cercle. C’est un entrepreneur, auquel l’agent de sécurité avait viré de l’argent pour s’offrir une construction. Les travaux ont été annulés, mais il a gardé 3.000 euros sur les 138.000 qu’il avait reçus. Lui n’était pas présent à l’audience.

La victime de tout ce micmac, l’héritier du terrain de Saint-Barth, était bien présente. « C’est un bon gars », lance-t-il à l’adresse du guichetier, le seul des prévenus qu’il connaît.

Le procureur a requis trois ans de prison à l’encontre du guichetier, la moitié aménageable, l’autre assortie de sursis et trois ans de mise à l’épreuve, ainsi que le remboursement des 60.000 euros à la Banque Postale, et l’interdiction d’exercer une profession où il effectuerait des opérations financières. Il a requis quatre ans de prison dont un avec sursis à l’encontre de l’agent de sécurité, et le remboursement de la victime. Pour le collègue guadeloupéen, l’indemnisation de la victime, et la confiscation d’un appartement et d’une assurance vie à titre de peine complémentaire. Pour la compagne de l’agent de sécurité, un an de prison aménageable, car elle ne peut accéder au sursis. Et enfin, pour l’entrepreneur qui a touché l’argent volé, 4 à 6 mois de prison avec sursis.

Délibéré le 27 septembre.

JSB 1281



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