Un an de prison ferme pour un jeune homme accro à diverses drogues

Il a 23 ans et vient d’être condamné une quatrième fois pour une affaire impliquant des stupéfiants. Un jeune résident de Saint-Barth répondait de plusieurs chefs d’accusations, jeudi dernier au tribunal.

Les premiers faits remontent à janvier 2019. Le garçon passe en scooter, sans casque, devant les gendarmes qui lui font signe de s’arrêter. Il prend la fuite et se débarrasse de son sac à dos. Finalement il est retrouvé, ainsi que son sac, qui contient du cannabis et des cachets d’ecstasy. Il fait l’objet d’un dépistage, qui indique qu’il conduisait en ayant consommé des stupéfiants. Il assure que l’ecstasy n’était pas à lui mais « à un copain ».

Quelques mois plus tard, en avril 2019, le jeune homme est de nouveau contrôlé, sur le parking d’une boîte de nuit. Là encore il tente de cacher son sac à dos, sans succès. A l’intérieur les gendarmes trouvent une tête de cannabis et dix pochons contenant chacun un gramme de cocaïne. Ils saisissent et étudient son téléphone, et une enquête commence pour déterminer s’il est vendeur, ou non, de cette cocaïne bien empaquetée.

Trois mois plus tard, en juin 2019, il est surpris en train d’essayer de voler un scooter. Il trifouille dans l’électronique pour le démarrer manuellement, mais est surpris. La vidéosurveillance ne fait aucun doute sur son intention. « La propriétaire du scooter a été indemnisée», commente tout de suite l’avocate du prévenu, Me Bringand-Valora. Après avoir tenté diverses explications, il a reconnu l’ensemble des faits. « La seule difficulté qui persiste, c’est de savoir s’il est revendeur ou non de stupéfiants ; or, malgré les investigations poussées, rien ne le prouve. »

« Que faites vous avec dix pochons de cocaïne ? » interroge la présidente Nathalie Conrad. « C’est ma propre consommation. » «C’est beaucoup quand même. Si vous consommez dix grammes en une soirée, vous êtes mort », commente le procureur Octuvon-Bazile. « Vous êtes quand même à la sortie d’une discothèque, comprenez que cela interroge... » ajoute la présidente. Me Bringand-Valora insiste : « Les auditions ont été longues, il n’a pas pu être établi qu’il vendait. » « Certes », concède la magistrate.

A la barre le garçon est visiblement anxieux. La présidente souligne une consommation de drogues « importante » et « diversifiée. » L’avocate fournit plusieurs documents : depuis les faits, le jeune homme est suivi par l’addictologue d’une association, il a réalisé plusieurs analyses qui attestent qu’il n’a rien consommé d’illicite, consulte un psychologue, et prend un traitement médical pour combattre ses addictions. Mais son casier judiciaire ne joue pas en sa faveur : il a été condamné en 2015, en 2017 et en 2018, à chaque fois pour des affaires en lien avec la consommation de stupéfiants. « Il y a un problème qu’il faut soigner », reconnaît Me Bringand-Valora. Le ministère public n’est pas attendri. « Il a raconté beaucoup de salades au cours de ses auditions. Il n’a pas été prouvé qu’il vendait la cocaïne, mais le tribunal n’est pas dupe », prévient-il. La défense donne des éléments sur la personnalité du prévenu. « Il a été diagnostiqué hyperactif, enfant. Il s’est trouvé en échec scolaire en raison de ce problème alors qu’il était brillant. Il est en souffrance face à cela. Mais il travaille dur, et il est soutenu par sa famille. Il a changé depuis les faits, qui datent de presque deux ans. »

Le garçon est condamné à douze mois de prison ferme, 800 euros d’amende, et à suivre un stage de sensibilisation sur les stupéfiants.

Journal de Saint-Barth N°1392 du 07/10/2020

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