Trait d’Union accompagne désormais les victimes à Saint-Barthélemy

Pour la première fois, une juriste de l’association saint-martinoise Trait d’Union est venue assister à l’audience foraine du tribunal, jeudi dernier à la capitainerie. Sibel Aydin accompagnera les victimes à chaque séance.

 

«Nous ne nous substituons absolument pas aux avocats, au contraire, on recommande souvent aux victimes d’avoir recours à leurs services », clarifie d’entrée Sibel Aydin. Juriste pour l’association saint-martinoise Trait d’Union, elle est venue à l’audience foraine du tribunal à Gustavia, la semaine dernière.

 

Objectif : informer les victimes et les accompagner. «On les appelle quelques jours avant l’audience pour leur expliquer comment cela va se passer. Beaucoup ne savent même pas qu’elles peuvent se porter partie civile, demander une indemnisation pour leurs préjudices matériel ou moral. On leur explique la nécessité d’apporter des documents au tribunal, la façon de procéder… » Sibel Aydin a ainsi contacté, la veille, l’une des victimes du jour, qui n’était apparemment pas au courant de la tenue de l’audience. Celle-ci a donc pu se présenter et se constituer partie civile ; elle a obtenu réparation des dommages qui lui avaient été causés. Et quand l’auteur n’a pas les moyens d’indemniser –il a deux mois pour le faire après la décision du tribunal-, la juriste assiste les victimes dans la saisie du Fonds d’indemnisation des victimes. Elle peut aussi les informer et les aider dans leurs démarches de demande de l’aide juridictionnelle.

 

Violences conjugales

L’association Trait d’Union fait partie du réseau France Victimes, financé en majeure partie par le ministère de la Justice, depuis le passage de l’ouragan Irma. Elle avait notamment mis en place à Saint-Barth des consultations psychologiques et juridiques gratuites, deux fois par mois au dispensaire.

 

Si son action prend place quasiment exclusivement à Saint-Martin, elle compte inclure Saint-Barthélemy dans son nouveau « cheval de bataille : les violences conjugales. Nous avons créé une application qui sera aussi accessible à Saint-Barth. Elle regroupe les numéros utiles et permet de nous contacter par “tchat”, pour toute demande d’information ou de soutien. » La messagerie en ligne peut être un facilitateur de premier contact, par rapport à un coup de fil. « Cela dédramatise, on compte beaucoup là-dessus », confie Sibel Aydin. « Nous allons faire en sorte que l’application soit proposée dès le dépôt de plainte des victimes.»

 

A Saint-Martin comme à Saint-Barthélemy, il n’existe aucun hébergement d’urgence pour répondre aux cas de violences conjugales. «A Saint-Martin, on propose des nuits d’hôtels, et on voudrait louer un appartement d’accueil d’urgence, car malheureusement c’est en général la victime qui est amenée à quitter son domicile. » Une solution beaucoup moins imaginable à Saint-Barthélemy, où vingt-six plaintes concernant des violences intrafamiliales ont été traitées par la gendarmerie sur les huit premiers mois de l’année 2019.

 

> Contact Trait d’Union France Victimes : 0690.37.84.01 de 9 heures à midi et de 14 heures à 17 heures.  

JSB1350




Journal de Saint-Barth N°1350 du 14/11/2019

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