Prison avec sursis et amende pour les chauffards alcoolisés

L’ambiance s’avère plutôt détendue dans la salle La Capricieuse de la Capitainerie de Gustavia. Pourtant, en ce mercredi 21 avril, ce ne sont pas des affaires de navigation qui s’apprêtent à être évoquées. Comme chaque mois, les robes noires des magistrats et des avocats ont investi les lieux afin de tenir une audience du tribunal correctionnel dit de proximité. Au programme, seize dossiers. Dont une bonne partie concerne des délits routiers commis sous l’empire d’un état alcoolique.

 

Un après-midi à l'apéro

Bienveillante, c’est avec un sourire et un ton cordial que la présidente du tribunal appelle le nom des prévenus. Celui-ci est né en 1996, dans l’Hexagone. Le 5 janvier dernier, il est environ 19 heures lorsqu’il circule en direction de Saint-Jean au guidon de son scooter. Il revient de Saline où il a passé la journée en compagnie de quelques amis. « Un apéro qui a duré toute l’après-midi », confesse-t-il. Après examens, il sera révélé qu’il présentait un taux d’alcoolémie de 2,65 grammes d’alcool par litre de sang. La nuit est tombée et dans un virage qu’il aborde « trop vite et trop à gauche », selon son propre témoignage, son engin vient percuter de plein fouet un autre deux-roues qui roule en sens inverse.

« Je me rappelle du choc, un peu de la voix des pompiers et des gendarmes, ensuite je me suis réveillé à l’hôpital ». Il s’en sort quasiment indemne. En revanche, sa victime est gravement touchée au genou et, après une opération, poursuit une longue rééducation. La présidente souligne que dès sa sortie de l’hôpital, le prévenu s’est rapproché de sa victime. Il a pris régulièrement de ses nouvelles, lui a remboursé les dégâts causés sur son scooter à hauteur de 2.500 euros, etc. « J’ai du mal à comprendre une consommation aussi excessive, se lamente le procureur de la République. Quand on a bu autant, on cuve son vin avant de reprendre la route. » Le prévenu écope d’une peine de trois mois de prison assortie du sursis.

 

"Je ne comptais pas les verres"

Un autre homme est appelé à la barre. Il est âgé de 34 ans, né à Saint-Barth. Le 14 décembre 2020, il quitte des amis avec lesquels il vient de fêter sa promotion. Il est un peu plus de 23 heures. Il se glisse derrière le volant de sa voiture. Rue de la République, des gendarmes sont en faction. « Je suppose qu’ils étaient sur le bas-côté parce que je ne les ai pas vus », assure-t-il devant le tribunal. Les militaires ont une autre version.

Selon eux, le chauffeur a d’abord ralenti avant d’accélérer. Une courte poursuite s’engage. Quelques centaines de mètres plus loin, les gendarmes trouvent la voiture à l’arrêt contre un muret, un pneu éclaté. Le test d’alcoolémie du conducteur révèle un taux de 2,88 grammes d’alcool par litre de sang. « J’ai bu des cocktails et je ne comptais pas les verres », lâche le prévenu.

« Dans les affaires de refus d’obtempérer, on entend souvent que l’on n’a pas vu les gendarmes, ironise le procureur. Mais quand on a 2,88 grammes dans le sang, on n’a plus sa lucidité. » L’avocat de la défense conteste le refus d’obtempérer et la vitesse excessive « car rien dans le dossier ne permet de le prouver ». Son client est condamné à quatre mois de prison avec sursis et son permis de conduire est suspendu quatre mois.

 

Cocaïne, alcool, cannabis

Le 31 août 2020, alors qu’il est au volant de sa voiture, ce ressortissant nord-américain âgé de 42 ans percute deux véhicules en stationnement. Il est à peine 7h45 du matin. Les gendarmes lui font passer un test d’alcoolémie qui se révèle positif (0,97 grammes par litre de sang). Il n’a sur lui aucun papier d’identité. A son domicile, les militaires découvrent 6,8 grammes de cocaïne et 20 grammes de cannabis sur une table basse.

Lors de son audition, l’homme explique qu’un sachet de cocaïne est tombé d’un étui à guitare laissé sur son bateau, mais il affirme ignorer par qui. « C’était un week-end horrible, j’avais bu quand j’ai trouvé le sachet et j’ai fait l’erreur d’en prendre », confesse-t-il à la barre. Il explique avoir consommé, dans le passé, des drogues dites dures. « Mais tout ça est fini », assure-t-il. Son avocat évoque « une situation de stress » et « une erreur de jugement ». Le tribunal inflige une peine d’amende de 1.500 euros au prévenu.

Journal de Saint-Barth N°1421 du 29/04/2021

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