Le capitaine du Voyager accidenté en 2017 jugé à Saint-Martin

Le samedi 26 août 2017, le Voyager avait percuté l’îlot Bœuf entre Saint-Martin et Saint-Barth, faisant quelques blessés légers. Le capitaine a été jugé jeudi dernier pour mise en danger d’autrui.

  

Le tribunal correctionnel de Saint-Martin rendra son délibéré le 15 novembre. Lors de l’audience qui s’est tenue jeudi dernier, le capitaine, qui ne fait plus partie de la compagnie maritime à la suite d’une rupture conventionnelle, a pu donner sa version des faits. Il était jugé pour « mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence ».

L’ex-employé de Voyager a rappelé, à la barre, les mauvaises conditions dans lesquelles le bateau naviguait ce soir là. « Le ciel était couvert dans l’après-midi mais aucun bulletin météo ne signalait de mauvais temps. Pas de pluie au départ d’Oyster Pond mais nous avons pris un grain après cinq minutes de navigation ce qui a réduit la visibilité. Un autre grain localisé vers Gustavia masquait la visibilité du port. J’ai perdu mes repères visuels habituels: les lumières de la côte et les bouées de la réserve naturelle », raconte l’homme de 32 ans. « La mer était mauvaise, et avec la pluie et le vent on prenait de l’eau. Les essuie-glaces ne fonctionnaient pas. On a donc fait un écart de route. Quand je suis arrivé dans la zone j’ai cherché à voir le rocher et demandé au chef mécanicien assis à ma gauche d’en faire autant mais il ne l’a pas vu non plus. Lorsqu’il s’est arrêté de pleuvoir on était déjà dans l’environnement du rocher. J’ai compris qu’on était déjà devant lui. J’ai manœuvré : réduit les gaz et passé la marche arrière. Mais ça n’a pas suffi et on est entré en collision. »

 

L’entreprise n’était pas informée de l’audience

Selon le prévenu, dont les propos à la barre sont rapportés par le Soualiga Post, le bateau accidenté, Voyager 1, était vétuste et ne disposait pas de tous les équipements. Faute de radar, notamment, il explique qu’il utilisait un GPS daté. « Comme nous naviguons près des côtes, nous prenons des repères visuels. De jour, il est possible de s’orienter sans GPS, mais s’il y a des complications on a besoin d’un radar », se défend l’accusé. La présence de deux passagères dans la cabine au moment de l’accident est également soulevée. « Il s’agit d’une ancienne employée et de son amie qui sont venues se réfugier sur la passerelle lorsqu’il s’est mis à pleuvoir. Elles ne discutaient même pas entre elles et moi je suis resté dans mon truc. »

La société Voyager assure que « l’enquête démontre que tous les équipements obligatoires en 2017 étaient bien à bord et fonctionnaient normalement. Si cela n’avait pas été le cas, la compagnie aurait été aussi assignée… » L’entreprise s’est étonnée dans un long communiqué de ne pas avoir été informée de l’audience au tribunal, encore moins conviée. « La justice agit « dans son coin », sans informer ou associer les premiers intéressés, semble vouloir prendre d’éventuelles sanctions sans forcément maîtriser son sujet, et au final personne ne s’assure que les mesures correctives ont été prises pour qu’un nouvel accident ne se reproduise plus... C’est pourtant le point le plus important de sécuriser les passagers après une erreur, non ? » s’interroge Voyager. L’ancien capitaine n’avait pas été mis en cause ni sanctionné par son employeur après l’accident, qui pointait plutôt une accumulation de facteurs. Par ailleurs, un éthylotest réalisé juste après l’accident avait démenti les rumeurs d’alcoolisation du capitaine, dont le casier judiciaire est vierge.

 

Le parquet a requis une amende de 3.000 euros dont 2.000 euros assortis de sursis. L’avocat du prévenu demande la relaxe, et s’étonne que seule la responsabilité de son client soit questionnée.

 

L’entreprise, elle, rappelle que « sans attendre les résultats d’une enquête qui risquait d’être longue et incertaine, la compagnie Voyager a seule décidé et mis en place dès le 4 septembre 2017 (deux jours avant Irma), quatre mesures correctives portant sur le suivi techniques des navires, l’interdiction d’accès à la passerelle des passagers, la révision des routes utilisées de jour comme de nuit, et la réduction conséquente de la vitesse en cas de mauvaise visibilité. »


JSB 1300



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