La banquière de la Bred ponctionnait les comptes de ses clients

Une ancienne banquière de la Bred Saint-Barth a été jugée mardi 11 juin à Tahiti, où elle vit désormais, pour avoir ponctionné les comptes de ses clients durant quatre ans et demi.

  

De 2013 à 2017, la banquière de la Bred Saint-Barth arrondissait ses fins de mois en ponctionnant les comptes de ses clients, à hauteur de 4.000 euros par mois en moyenne. Au total, elle a dérobé 218.000 euros en quatre ans et demi, estime l’établissement bancaire. La trentenaire était jugée mardi à Papeete en Polynésie française, son nouveau lieu de résidence.

 

« Je suis rentrée à Saint-Barthélemy après mes études. J’ai eu des difficultés financières, la vie est très chère », raconte la prévenue à la barre, des propos rapportés par La Dépêche de Tahiti. Elle explique qu’elle gagnait entre 1.500 et 1.800 euros par mois. « Mon loyer représentait plus de la moitié de mes revenus. Les interdits bancaires se sont multipliés. »


« Je l’ai dilapidé dans des dépenses futiles »

Pour améliorer son quotidien, elle chargeait au nom de ses clients des cartes de crédit à usage unique. Au fil des mois, les prélèvements ont été de plus en plus conséquents. « Je ne tenais pas de livre de ce que je prélevais, j’ai sous-estimé le montant. Je l’ai dilapidé dans des dépenses futiles, pour faire les courses, offrir des cadeaux. Ce n’était pas de l’enrichissement personnel. Je faisais profiter mon entourage, je payais des voyages à mes parents ou pour moi. Lorsque l’on sortait, j’invitais systématiquement. »

 

Les clients concernés, plutôt fortunés, ont mis du temps à s’en apercevoir. L’un d’eux, après quelques années, a fini par se rendre compte de ces retraits d’argent suspects. Alertée, la banque a rapidement découvert le pot aux roses, la prévenue ayant gardé son compte à la Bred, sans prendre de précaution pour dissimuler ces apports d’argent.


« Cette affaire a fait grand bruit sur une petite île où la confiance des clients fortunés est importante », a expliqué l’avocat de la Bred lors de l’audience. « Depuis 2017, il n’y a pas eu le début d’un centime de remboursement. »


Selon l’avocate de la banquière, cette dernière a obtenu un prêt dans le but de rembourser les sommes volées. Elle a insisté sur le fait qu’une condamnation ferait perdre à sa cliente son actuel emploi, et donc sa source de revenus, la privant de toute possibilité d'indemniser les victimes.

La trentenaire, qui a suivi son conjoint pour s’installer en Polynésie et travaille aujourd'hui dans un organisme public, a été condamnée à deux ans de prison avec sursis et mise à l’épreuve l’obligeant à rembourser la banque, qui bénéficiera aussi de 10.000 euros pour le préjudice d’image subi. La prévenue a également interdiction d’exercer une activité dans le secteur bancaire.


JSB 1333




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