L’histoire n’est pas encore terminée. Le lundi 2 février, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a placé Air Antilles en redressement judiciaire. Une décision qui s’accompagne d’une période d’observation de six mois. Ce, en raison d’une « trésorerie particulièrement dégradée », est-il précisé par les magistrats. Les dirigeants de la compagnie disposent donc de ce laps de temps, qui s’apparente à un sursis, pour trouver des solutions afin d’assurer la survie de l’entreprise et le maintien des 118 emplois salariés.
Si le redressement judiciaire court sur six mois, les dirigeants de la compagnie devront présenter aux magistrats un plan de redressement viable dans les deux mois qui viennent. Dans le même temps, la procédure s’accompagne d’une suspension temporaire du remboursement des dettes. Un gel des créances, en somme.
Selon l’Agence France-Presse, les magistrats du tribunal mixte de commerce considèrent que la compagnie aérienne se trouve «hors d’état de faire face à un passif exigible avec son actif disponible ». Toutefois, le tribunal estime : « En dépit des difficultés évoquées, une perspective de redressement existe. » Tout espoir n’est donc pas perdu.
Les espoirs et regrets de Louis Mussington
« Je suis convaincu qu’Air Antilles a un avenir, a déclaré le président du conseil d’administration d’Air Antilles, Louis Mussington. Il faut de la bonne volonté mais aussi une équipe de management compétente. La situation a beaucoup impacté le fonctionnement de la société. Cela fait plus d’un mois que la DGAC (Direction générale de l’aviation civile, le 8 décembre 2025) a cloué nos avions et nous a privé de toute activité opérationnelle.» Pour le président de la Collectivité de Saint-Martin, qui a investi plus de seize millions d’euros (vingt avec l’apport de l’autre actionnaire, Edeis) dans la compagnie depuis la reprise partielle courant 2024, l’entrée dans le capital d’investisseurs privés mais aussi la participation des instances guadeloupéennes sont indispensables pour assurer la survie d’Air Antilles. « Ce que je regrette, c’est qu’à trois reprises j’ai sollicité l’intervention et la participation de nos collègues élus du département et de la Région Guadeloupe mais ils n’ont pas jugé utile de venir à notre secours, de nous accompagner pour redresser la situation, a déclaré Louis Mussington. Alors que le personnel, du moins le gros du contingent, se trouve à Pointe-à-Pitre. Ce que je demande, c’est une participation financière pour rassurer les partenaires. »
Selon les chiffres présentés par le conseil d’administration de la compagnie lors du dépôt de la demande de redressement judiciaire, après la déclaration de cessation de paiement datée du 16 janvier, la compagnie a transporté plus de 121.000 passagers pour un chiffre d’affaires d’environ 18 millions d’euros en 2025.
Dans le cadre de sa décision du 2 février, le tribunal mixte de commerce a désigné la SELARL AJAssociés en qualité d’administrateur judiciaire. Ce, « pour assister le débiteur dans tous les actes concernant la gestion ». Les magistrats ont également sollicité la SCP BR Associés comme mandataire judiciaire qui aura notamment pour tâche de représenter les créanciers.
Pour les dirigeants d’Air Antilles, les quelques semaines de répit accordées par le tribunal de commercevont être cruciales. Pour sauver les 118 emplois mais aussi assurer un avenir à la compagnie qui, jusqu’au 9 décembre 2025, opérait des liaisons entre la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. L’objectif sera aussi, cela va sans dire, de récupérer le certificat de transporteur aérien (CTA, suspendu le 8 décembre) et la licence de transport aérien (LTA, suspendue le 9 décembre).
