[ Un an après] « Facebook était un super détective privé »

Pendant et après l’ouragan, impossible de communiquer. Les réseaux sociaux et notamment Facebook, très utilisé sur l’île, ont montré une vraie utilité.

Les proches de ceux qui se trouvaient dans l’œil du cyclone à Saint-Barth, il y a un an, ont eux aussi passé un mauvais moment. Que faire ? A cette question, Manuel Dos Santos, Saint-Barth désormais installé en métropole, s’est dit qu’il pouvait y répondre. Il a repris les manettes du groupe Facebook « Cyclone Saint-Barth infos et solidarité », créé par une certaine Nadège qui vivait alors Irma. En quelques heures, plus de 13.000 personnes se sont abonnées au groupe.

Connaissant l’île comme sa poche pour avoir grandi à Colombier, il a joué le rôle de centralisation de l’information pour Saint-Barthélemy. D’autant plus utiles que les médias nationaux avaient du mal à faire la distinction entre Saint-Barth et Saint-Martin, avec le peu d’informations disponibles. « Je savais que les gens allaient avoir besoin de relais d’information, en cas de coupure de réseau », raconte Manuel. « J’ai aussi passé du temps à bannir tous les gens qui faisaient du « fake news » par la suite… »

« Pendant le cyclone, j’étais chez moi, en train de répondre un maximum aux gens ; en même temps, je regardai les informations en boucle », décrit-il. « BFM TV a annoncé qu’il y avait des morts à Saint-Barth et Saint-Martin. J’avais vu une vidéo de mon cousin, pendant l’œil dans le quartier de Flamands… Je me suis dit « ça y est, je suis orphelin ». Mais j’ai finalement réussi à avoir ma mère au téléphone rapidement. » Soulagé, Manuel reprend sa besogne. En métropole ou ailleurs, des familles sont restées plusieurs jours sans nouvelles de leurs proches. Elles se sont tournées vers Facebook. « Je leur parlais de l’entraide qui existait sur l’île, de l’information qui y circule très vite : si quelqu’un a une information, toute l’île est au courant », sourit-il.

 

« Bouée de sauvetage »

« Ce groupe était la bouée de sauvetage alors qu’on était en perdition complète », raconte Antoine, métropolitain dont la sœur se trouvait à Saint-Barth pendant Irma. « C’est le premier endroit ou j’ai eu des informations. » Une mère de famille résume : « Les médias étaient des loosers et Facebook un super détective privé. Un peu d’oxygène » dans l’anxiété d’être sans nouvelles. « On sentait que c’était des vrais Saint-Barth et leurs familles qui s’exprimaient, bien utiles pour ceux qui ne connaissent rien à l’île. » « J’ai attendu d’avoir des nouvelles de mon fils dans l’angoisse, et j’avoue que ce groupe m’a aidé », remercie Cathy. Isabelle se souvient : « Grâce aux membres de ce groupe, après deux jours de recherches vaines, j’ai pu apprendre que mon fils et toute la famille de sa compagne étaient vivants. » « C’était bien utile et plus réaliste que la télévision en métropole qui ne donnait que des nouvelles alarmistes, et avec une réactivité inégalable ! », rappelle Denis. « C’est la seule fois où j’ai eu envie de dire merci Facebook », conclut Antoine.

Aujourd’hui, « le groupe reste un peu actif, mais il est en stand-by », informe Manuel Dos Santos. « Un jour, il se réactivera. Tant que ce n’est pas le cas, tant mieux… »



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