Les réfugiés climatiques d’Irma coulent des jours heureux en métropole

Il y a tout juste un an, le 14 novembre, neuf chevaux du centre équestre Galops des Îles embarquaient sur un porte-conteneur, direction la Guadeloupe puis la métropole. Douze mois plus tard, ils ont pris du poids.

 

Une scène déchirante restée dans les mémoires de ceux qui l’ont vécue il y a un an. Neuf chevaux avaient embarqué dans des containers aménagés en boxes, après une vie passée à Saint-Barthélemy. Devant les hennissements et ruades d’incompréhension des animaux, les bénévoles de Galops des îles serraient les dents pour mener à bien leur mission délicate sans laisser échapper leur émotion.

 

Cette scène a laissé place, un an plus tard, à des images fôlatres de ces mêmes chevaux trottant dans les hautes herbes ou découvrant la neige. «Ils sont tous gros », sourit Sylvie Grévin, présidente de l’association Galops des Îles, toujours émue à l’évocation de ces animaux qu’elle chérit. Silver, le cheval gris désormais installé en Bretagne avec l’ancienne monitrice Joanna, a même dû porter un dispositif qui l’empêche de brouter une quantité excessive d’herbe verte, sous peine de devenir obèse. Cinq chevaux cohabitent dans une pension de Charente, un autre dans l’Eure, Gaspard sous le soleil du Var… Et Adonis, qui avait fait une chute de dix mètres pendant le cyclone, et était resté quatre jours accroché à la falaise avant d’être retrouvé, galope fièrement dans la région de Montauban. Sauf ce dernier, tous sont à la retraite, trop vieux pour être montés, ou alors trop éprouvés par l’ouragan qui a bouleversé leur vie le 6 septembre 2017.

 

Une jument et sept poneys

Une seule jument, Sahel, est restée à Gouverneur. Le 14 novembre 2018, impossible de la faire monter dans le container. Après plusieurs tentatives, devant son refus catégorique, l’association a renoncé et l’a ramenée à contrecœur à Gouverneur. Agée d’une vingtaine d’année, elle est aujourd’hui la seule de son espèce puisque les deux “mamies” du club, Cannelle et Linda, trop âgées pour traverser l’Atlantique, ne sont plus. Sahel peut néanmoins compter sur l’animation fournie par les sept poneys shetland à Gouverneur. Moins frappés par le cyclone, ils attendent la création d’une ferme pédagogique décidée par la Collectivité, mais dont les travaux n’ont pas encore été lancés. « Ils perdent peu à peu l’habitude du contact humain, ils ne voient plus grand monde et ne travaillent plus », s’inquièteSylvie Grévin. Quelques amoureux des chevaux continuent de venir les panser, et l’équipe de Galops des Îles est là matin et soir, tous les jours de l’année, pour les nourrir et les soigner. Toujours sur les subventions et les dons, puisque sans activité équestre, l’association ne dégage plus de bénéfice.

Là-haut, malgré la plantation par les services techniques d’une soixantaine d’arbres offerts par un particulier, et les opérations de déblaiement régulièrement organisées par les bénévoles, l’ambiance post Irma flotte toujours.

 

> galopsdesiles@gmail.com



JSB 1350

Journal de Saint-Barth N°1350 du 14/11/2019

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