La Fondation de France donne 200.000 euros aux entreprises de Saint-Barth

La Fondation de France a encore 8 millions d’euros à distribuer à des porteurs de projets en lien avec les ouragans Irma et Maria. Cette somme sera principalement dédiée à Saint-Martin. A Saint-Barthélemy, 200.000 euros seront prochainement accordés à des entreprises en difficulté.

Pierre Roth, représentant de la Fondation de France pour le programme « solidarité Antilles », quitte son poste permanent à Saint-Martin pour rentrer en métropole. Le suivi des actions sera fait à distance, avec des voyages réguliers dans les îles du Nord d’ici décembre. Il annonce une aide de 200.000 euros que la Cem redistribuera aux entreprises en difficulté de Saint-Barthélemy, et fait le point sur les soutiens passés ou à venir. La Fondation a encore huit millions d’euros à distribuer.

Quel bilan pour l’opération « solidarité Antilles » de la Fondation de France ?

Quand je suis arrivé en octobre, on avait récolté 8 millions d’euros, grâce au soutien massif des medias et au fait que l’on ait lancé la campagne tout de suite après Irma. Aujourd’hui, on est à 14 millions d’euros collectés. Dont deux millions viennent de collectivités, 1,5 million de dons d’entreprises, et 10,5 millions de la générosité des particuliers. Ce qui est intéressant, c’est que ces deux millions provenant des Collectivités permettent de financer des politiques publiques, de l’Etat ; comme, pour Saint-Barthélemy, les écoles. Lors de ma venue il y a quinze jours, j’ai pu rencontrer Nicole Gréaux et Caroline Ramos, qui doit être en train de préparer le dossier. On peut soutenir les écoles sur trois aspects : un peu de reconstruction –elles m’ont tout de suite parlé des trois logements d’enseignants détruits par le cyclone-, mais aussi le rachat de matériel pédagogique perdu, ou encore des projets éducatifs liés à Irma.

Peut-on récapituler les actions menées à Saint-Barth ?

Aujourd’hui, on a déjà engagé 5,7 millions d’euros au total. Sur Saint-Barth, 191.000 euros ont été accordés pour le soutien de la reprise de la pêche. 200.000 euros ont été attribués à la Cem qui les redistribuera aux entreprises. La directrice Nadège Carti-Sinnan est partie de son fichier de toutes les entreprises qui ont déclaré un sinistre lié à Irma. Une trentaine ont été retenus, des petits artisans, des entreprises dont le redémarrage est difficile, touchées par la perte d’activité… On en a sélectionné 26 dont les dossiers seront soumis au comité d’engagement de la Fondation, qui doit les valider ou les invalider, au cas par cas. Je pense que Nadège Carti-Sinnan pourra annoncer l’aide aux entreprises dans une quinzaine de jours, sachant que l’aide est plafonnée à 10.000 euros par société. Ensuite, on a aidé Saint-Barth Essentiel à hauteur de 20.000 euros. A l’heure actuelle, c’est tout, car le projet de catamaran solaire a été annulé par son porteur, à la suite d’un conflit avec le fournisseur.

Ensuite, il y a l’association saint-martinoise Trait d’union qui vient deux lundis par mois à Saint-Barth proposer une aide psychologique et juridique gratuite. Et on soutient aussi un projet de l’ARS sur le suivi psycho-traumatique, qui concerne Saint-Martin et Saint-Barthélemy. C’est de la télémédecine. Les gens qui vont mal pourront bénéficier d’une consultation avec le même psychiatre, pendant trois mois ou six mois, depuis l’hôpital, accompagnés par une équipe de santé locale.

Est-ce que d’autres projets sont à l’ordre du jour sur notre île ?

Pour Saint-Barth, on a dans les tuyaux cette rencontre avec les écoles, et on attend que la Collectivité nous dise quels sont les besoins. L’Ascco a fait une demande, le dossier devrait nous parvenir sous peu. Le centre équestre devait nous envoyer un dossier également, mais apparemment ils ont eu quelques soucis.

Comment seront répartis les huit millions d’euros restants ?

Sur ces six premiers millions, on a financé des projets à Saint-Barth, Saint-Martin, en Dominique, Haïti et à Cuba. Pour Haïti et Cuba, on ne soutiendra pas de nouveau projet. Peut-être quelques autres en Dominique, sur l’agriculture et l’accès à l’électricité. Le reste ira en grande majorité à Saint-Martin, avec un gros travail sur l’accélération de la reconstruction des toits avant la nouvelle saison cyclonique. En gros, sur les huit millions restants, on pense attribuer sept millions à Saint-Martin, et un million sera partagé entre Saint-Barthélemy, la Dominique, et la Guadeloupe qui a souffert de l’ouragan Maria.

La différence importante des montants attribués entre Saint-Barth et Saint-Martin peut surprendre

Saint-Barth n’est pas oubliée, mais la situation à Saint-Martin nous paraît bien plus catastrophique. Plus de mille maisons n’ont pas de toit, il se pose clairement la question d’un abri anticyclonique collectif, il n’y en a plus sur l’île. Je ne dis pas qu’il n’y a pas à Saint-Barthélemy certaines familles dont la situation est préoccupante, mais c’est pour cela que nous avons financé Saint-Barth Essentiel dès décembre, et que nous avons mis en place ce dispositif avec la Cem.

Est-il encore possible de présenter un projet ?

Evidemment. Rien n’est fermé, on reste ouvert à toute proposition. On a pris des grandes orientations budgétaires pour cadrer un peu les choses, mais elles ne sont pas figées. On est preneurs de tout projet pertinent, la porte est ouverte.

JSB 1273


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