Interpellé dans une manifestation des gilets jaunes à Paris, Julian est libre

Une parenthèse de près de deux mois dans la vie de ce jeune travailleur, dont il se serait bien passé, et sa famille aussi. Julian, 26 ans, incarcéré en détention provisoire depuis le 22 décembre 2018 dans la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, a été libéré sous caution jeudi dernier.

Son procès pour violences envers une personne dépositaire de l’autorité publique aura lieu dans plusieurs mois. Mais en attendant, il peut reprendre son quotidien sans histoire.

Originaire de Saint-Barthélemy, il avait participé à une manifestation des gilets jaunes, le samedi précédent Noël, à Paris. Sans porter de gilet jaune, d’ailleurs, ni de cagoule, ni de masque de plongée en protection des gaz lacrymogènes. Ses parents, toujours installés sur l’île, le répètent : leur fils n’est pas un casseur. « Il défendait ses convictions, et manifestait pacifiquement, à visage découvert. »

La scène a été filmée
Toute la scène a été filmée et est facilement visible sur internet. A la nuit tombée, après une journée de vives tensions, Julian discute avec un petit groupe, au coin d’une rue perpendiculaire aux Champs-Elysées. Derrière lui, le cortège descend la plus belle avenue du monde, apparemment dans un calme relatif. Quatre motards de la police nationale arrivent alors, se stoppent à quelques dizaines de mètres de là, et descendent de leurs engins. Ils jettent des grenades de désencerclement en direction des manifestants. L’une tombe aux pieds de Julian et ses deux interlocuteurs. Ils remontent sur leurs motos et s’apprêtent à partir, mais la foule, échaudée par ce tir sans sommation, les aperçoit et fonce vers eux. L’une des grenades leur est renvoyée. La première personne à atteindre les policiers est Julian. Coiffé d’un casque de moto, il fonce sur l’un des motards, et lui assène un coup sur le bras à l’aide de son mégaphone, sans cesser de courir. Il n’apparaît à aucun moment sur la suite de la vidéo. Les policiers, eux, sont violemment pris à partie par des gilets jaunes et fuient, abandonnant l’une de leurs motos sur place. « Son geste était une réaction de peur, et de colère face à l’injustice de la situation », décrivent les parents, sans pour autant l’excuser.

A priori, aucun des protagonistes de la scène n’a pu être interpellé. A l’exception de Julian, dont le casier judiciaire était vierge. Il a reconnu les faits et a été placé en détention provisoire dans la prison de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne. Il y est resté jusqu’à l’audience de jeudi dernier, au cours de laquelle sa demande de libération, dans l’attente de son procès, a été acceptée.

Jugé dans quelques mois
Quand ses parents ont appris la nouvelle de son incarcération, en décembre, ils ont été abasourdis. Immédiatement, ils ont fait appel à deux avocats, ouvert une cagnotte pour financer cette défense, et ont choisi de faire profil bas, dans un contexte politico-social très tendu en métropole. Depuis jeudi, ils respirent enfin. Et attendent le procès de Julian, qui compte bien assumer sa responsabilité. Seulement la sienne.



Journal de Saint-Barth N°1318 du 07/03/2019

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