Une campagne d’élimination des cabris débute

La Collectivité et l’Agence territoriale de l’environnement lancent une campagne de capture et d’élimination des cabris sauvages afin de limiter leurs conséquences sur la végétation, encore plus importantes en cette période de sécheresse.


La végétation déjà réduite à peau de chagrin avec la sécheresse subit de plein fouet les assauts des cabris sauvages. Ces derniers souffrent du manque d’eau et le risque de développement d’infections est élevé.

La Collectivité et l’ATE lancent une campagne de capture et d’élimination des chèvres, qui a débuté hier et se poursuit jusqu’à la fin du mois de mai. « Certaines zones sont aujourd’hui de vrais déserts où ne survivent que les rares espèces non consommées par les caprins. C’est une véritable catastrophe écologique pour l’île », explique Micheline Jacques, présidente de l’ATE. « A cela s’ajoute la fragilisation des sols, l’accentuation de l’érosion et les risques d’éboulement qui vont jusqu’à impacter nos fonds marins. Par ailleurs, le manque d’eau pousse les animaux à se rapprocher des habitations et provoquent des dégâts dans les jardins privés ainsi que des risques d’accidents sur les routes. » Du côté de l’Agence territoriale de l’environnement, Sébastien Gréaux, le directeur, évoque aussi un risque sanitaire. « Sans eau, ils sont en souffrance et sont plus vulnérables aux infections. » Des maladies ont déjà été détectées chez certains jeunes cabris.

La campagne sera réalisée par les bénévoles de l’association INE, encadrés par des habitants de l’île rompus aux techniques de capture. « Nous n’utilisons que des filets, et ne capturons que les adultes sans petits », précise Sébastien Gréaux. Les bêtes sont ensuite mises à disposition d’un boucher local.

Les troupeaux sont particulièrement présents à Toiny, Petit Cul de Sac, sur le plateau de Gouverneur, les hauteurs de Flamands… Mais les zones de capture dépendront surtout des propriétaires de terrains. « Ils nous sollicitent, et remplissent une autorisation de pénétrer sur leur parcelle pour la capture. Vu le nombre de demandes que l’on a déjà reçu, on ne pourra peut-être pas passer chez tout le monde. »
Concernant les propriétaires de chèvres, la vice-présidente de la Collectivité rappelle que selon le code rural, les animaux d’élevage doivent être parqués dans des enclos. « Tout animal non parqué sera considéré comme divagant et systématiquement capturé. Il est donc demandé aux propriétaires d’animaux de s’assurer que ces derniers soient bien parqués. »

« L’éradication des chèvres sauvages sur les îlets nous montre que la végétation peut très vite se régénérer à condition que nous agissions rapidement », conclut Micheline Jacques. Ici, il ne s’agit pas d’éradication, mais bien de régulation de la population de chèvres sauvages. « Si nous le faisons, c’est pour la nature en général. Ce n’est pas un projet d’extermination », rassure Sébastien Gréaux. « Plusieurs espèces végétales ont déjà disparu à cause des cabris sauvages, et d’autres souffrent de leur trop grande présence. »

> Mail : contact@agence-environnement.fr

Journal de Saint-Barth N°1324 du 18/04/2019

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