Saint-Barth -

Une année de découvertes pour célébrer les 30 ans de la Réserve naturelle

Trente ans, ou presque. Le 10 octobre 2026, la Réserve naturelle de Saint-Barthélemy – Nicole Aussedat célèbrera trois décennies d’existence. En prévision de cet anniversaire, l’Agence territoriale de l’environnement, qui a la charge de la gestion de la Réserve, entend organiser tout au long de l’année des ateliers et des animations dans le but de permettre à la population de découvrir (ou redécouvrir) certains sites de l’île mais aussi les actions et missions conduites par ses agents. Une opération anniversaire qui débute dès ce samedi 31 janvier avec une visite guidée de la plage de Colombier. Celle-ci sera menée par la scientifique et doctorante Anaïs Coulon (Photo). Elle invite, sur réservation (par courriel à contact@agencedelenvironnement.fr), les habitants de Saint-Barth à la rejoindre directement à Colombier à 8h30 pour partir à la découverte du «système plage » et du projet de restauration des dunes. L’une des nombreuses actions sur lesquelles travaille l’ATE afin de préserver l’environnement et l’écosystème de l’île.

Un intérêt scientifique
Depuis son arrivée au sein de l’Agence territoriale de l’environnement, en 2013, Sébastien Gréaux a pu constater les bienfaits de la Réserve naturelle et de sa réglementation. Désormais directeur de l’ATE, il remarque : « Sur une période aussi longue, trente ans, on a pu constater scientifiquement son intérêt. A travers les différents suivis qui ont été faits, on a pu constater le retour de certaines espèces dans nos eaux. Mais on en perçoit aussi les limites, avec le blanchiment coralien, par exemple. »
Au fil des ans, Sébastien Gréaux a noté deux évolutions majeures qui ont permis d’améliorer les actions au sein de la Réserve naturelle. Tout d’abord, le fait que des agents de l’ATE sont ­désormais assermentés pour des missions de police sur le territoire de la Réserve, qui s’étend sur 1.200 hectares de domaine marin. « Au début, quand on allait voir les gens en infraction, ils nous riaient au nez, se souvient le directeur de l’ATE. Depuis que nous sommes commissionnés (cinq agents de l’ATE le sont, trois de plus le seront prochainement), notre action a gagné en cohérence et en épaisseur. »

Le défi de la fréquentation
Autre changement majeur : l’interdiction pour les navires de plus de 25 mètres de mouiller sur le domaine de la Réserve naturelle. « Depuis, c’est le jour et la nuit, assure le directeur. Pendant la festive, nous avons effectué davantage de rondes et deux fois moins d’infraction ont été relevées. » En 2025, l’ATE a procédé à 2.794 contrôles sur le territoire de la Réserve naturelle. 178 ont été jugés non conformes à la réglementation. « Cela représente plus de 432 heures de ronde, dont 70% le week-end », précise Sébastien Gréaux, qui ajoute : « D’année en année, le nombre de contrôles de non-conformité diminue. Ce qui nous laisse plus de temps pour ceux consacrés à la pêche maritime. » En 2025, sur les 50 réalisés par les agents assermentés, 18 infractions ont été relevées.
Pour le directeur, le principal défi auquel le domaine de la Réserve est et sera confronté dans les prochaines années est la gestion de la fréquentation. « La Réserve est victime de son succès, assure-t-il. On le remarque notamment avec le nombre de sociétés qui font une demande pour pouvoir travailler en Réserve. » Les ajustements du tarif de la redevance, sous la forme d’un forfait annuel, a permis de réguler les demandes. « 35 à 40% des sociétés autorisées à travailler sur le domaine de la Réserve sont basées ici, les autres viennent de l’extérieur », constate Sébastien Gréaux.
Prévention, communication, travaux de suivis, les missions de l’ATE pour continuer à préserver les zones protégées de l’île et de ses eaux vont continuer à être cruciales lors des prochaines années. « Ce à quoi on réfléchit pour la Réserve est valable pour toute l’île de Saint-Barthélemy », rappelle le directeur de l’Agence.

La 132e Réserve de France
La Réserve naturelle de Saint-Barthélemy - Nicole Aussedat est la 132e du genre sur le territoire français (Hexagone et Outre-mer). Toutes poursuivent trois missions indissociables : protéger les milieux naturels, ainsi que les espèces animales et végétales et le patrimoine géologique, gérer les sites et sensibiliser les publics. A Saint-Barth, elle couvre cinq zones distinctes : île Fourchue, Baie de Colombier, Baie de la Petite Anse, Baies de Marigot, Grand Cul-de-sac et Petit Cul-de-sac, incluant l'îlet Tortue et les grenadins et les zones entourant les îlets Gros Ilet, Pain de Sucre, Petits Saints, Frégate, Toc Vert. La réserve naturelle protège des écosystèmes sous-marins aussi beaux que fragiles, tels que les herbiers et récifs coralliens. Ce sont les habitats de nombreuses espèces, notamment des espèces menacées.

Une création en trois temps
C’est dès 1988 que certaines personnalités comme « Don » Comb, président-fondateur de la « New England Biolab Foundation » mais aussi Nicole Aussedat, Michel Magras, Jean Aubin et Patrice Gouard qui s’intéressent à la protection de la biodiversité marine et montent la première association de protection de la nature de Saint-Barthélemy (APNSB). S'ensuit un long travail d’études scientifiques pour déterminer les zones à protéger et une grande force de persuasion déployée notamment par Nicole Aussedat auprès des usagers et Michel Magras auprès des élus pour aboutir à la création d’une réserve naturelle. Le 27 janvier 1995, le conseil municipal, avec à sa tête Daniel Blanchard, valide officiellement ce projet de Réserve naturelle. L’équipe municipale élue en mai 1995 et conduite par Bruno Magras entérinera cette création auprès des services de l’État. 


 

Journal de Saint-Barth N°1650 du 29/01/2026

Convention-cadre avec l'Etat
Réserve naturelle
Quartier