Michel Vély, président fondateur de l’association Megaptera présente le suivi scientifique des baleines à bosse lors d’une conférence samedi à la Capitainerie.

Un suivi scientifique des baleines à bosse

Le 6 mars, une conférence sur les baleines à bosse à la Capitainerie rassemblait Julie Mellinger, de l’association Mon école ma baleine ; Steeve Ruillet, représentant à Saint-Barth de l’association Megaptera et Michel Vély, président fondateur de cette association. Le vétérinaire, spécialiste de mammifères marins, a détaillé le suivi scientifique des cétacés.

 

Comment s’organisent les recherches scientifiques pour mieux connaître les baleines à bosse qui viennent se reproduire dans nos eaux ? Lors d’une conférence organisée par l’Agence Territoriale de l'Environnement de Saint-Barthélemy (ATE) le 6 mars, Michel Vély, président et fondateur de l’association Megaptera, spécialiste des mammifères marins a détaillé les différents procédés, de l’observation participative, à la photo identification individuelle et à la biopsie, en passant par le déploiement de balises satellites ou l’écoute sous-marine. Car en période de reproduction, on entend les mâles chanter. « Saint-Barthélemy et Saint-Martin, le Banc d’Anguilla sont le deuxième site le plus important au niveau des chanteurs après la République dominicaine (Banc d’Argent). C’est un site très important pour la reproduction dans les Caraïbes », souligne le scientifique.
L’observation scientifique «citoyenne » proposée par l’association Megaptera permet d’identifier certaines baleines pour mieux connaître leurs parcours. Il faut savoir que la face inférieure de la nageoire caudale (queue) est unique et permet de les identifier individuellement. Ainsi, une caudale observée et prise en photo au Labrador (Canada) en 1979 a été photographiée quarante ans plus tard à Anguilla par les équipes de la mission Megara. Mais ce type d’observations n’est pas possible partout car il faut des observateurs équipés d’appareils photos. Il faut s’armer d’autres moyens pour suivre les baleines à bosse.
A partir de 2014, la mission Megara (Megaptera Reproduction Areas) a organisé le déploiement de balises Argos dans la graisse de certaines baleines à bosse pour suivre leurs migrations. Cela a permis de découvrir que les baleines autour de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ne restaient pas nécessairement autour de nos îles durant la période de reproduction mais qu’elles pouvaient se déplacer dans les îles voisines avant d’entamer leur migration vers le Nord. Mais aussi moderne que soit le dispositif, il a aussi des défauts. Non seulement les balises ont une durée de vie limitée mais en plus, les grands mammifères peuvent s’en débarrasser …
Certains membres de la mission Megara sont aussi habilités à réaliser des biopsies : à l’aide d’une arbalète, ils prélèvent un échantillon de peau qui permet de connaître le sexe de l’animal et son profil génétique grâce à l’ADN.
Enfin, les études acoustiques sous-marines déployées récemment dans nos eaux permettront peut-être de décompter les baleines et de connaître les autres espèces qui fréquentent nos mers...
« On étudie quelques baleines parmi un millier, ces méthodes se complètent », insiste Michel Vély. Si cette année, la crise sanitaire limite les fonds de la mission Mégara, le spécialiste des mammifères marins voudrait à terme créer un pôle d’excellence sur les baleines à bosse à Saint Barthélemy et collaborer, autant que possible, avec les îles voisines.

 

 

Journal de Saint-Barth N°1414 du 11/03/2021

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