« Quand même des choses encourageantes »

Directeur de l’Agence territoriale de l’environnement, Sébastien Gréaux a contribué à l’élaboration du rapport annuel de l’Ifrecor. A la lecture du document, il l’admet : « On est mal barré. Mais il y a quand même des choses encourageantes. »

Tout au long de l’année, l’Agence territoriale de l’environnement (ATE) participe à l’acquisition et à la transmission des données qui concernent Saint-Barth. Une collaboration qui permet également à l’Agence de pouvoir observer l’évolution des autres territoires d’Outre-mer.
« Au sujet des mangroves, malheureusement, elles ont été délaissées et considérées comme des zones marécageuses, regrette Sébastien Gréaux. En 1950, il y avait onze zones humides à Saint-Barth. Aujourd’hui, il en reste quatre dont une seule appartient à la Collectivité (l’étang de Saint-Jean, ndlr). Ce qui rend difficile d’envisager une restauration. » Par ailleurs, le directeur souligne la diminution du passage des oiseaux migrateurs, qui venaient notamment se reproduire sur les zones des étangs. « Il existe une multitude de facteurs pour l’expliquer, résume-t-il. La régression de l’habitat, la déréglementation climatique mais aussi des non-sens dans la réglementation, quand dans certaines zones des oiseaux peuvent être chassés. »
Pour la question des herbiers, dont la présence est jugée en déclin dans le rapport de l’Ifrecor, Sébastien Gréaux souhaite en « temporiser » les conclusions. « Seul l’herbier de Marigot est véritablement suivi, explique-t-il. En 2011 il était en bon état mais aujourd’hui il est dans un état médiocre. Une dégradation qui a été extrêmement rapide. En raison de l’érosion importante des sols qui font que les eaux de pluie, mais aussi parce que la configuration du site de Marigot est propice à la stagnation des sargasses qui empêchent l’accès de la lumière, très importante pour le développement des herbiers. Ce n’est pas le cas à Grand et Petit Cul-de-Sac. »
Pour les récifs, l’étude de l’Ifrecor porte sur six stations. Et selon le directeur de l’ATE, la situation de Saint-Barth n’est guère différente de l’ensemble des îles de la Caraïbe. « On constate une réduction de la couverture corallienne, principalement en raison de macro algues qui prennent le dessus petit à petit, remarque-t-il. Mais comparativement aux autres îles, on ne s’en sort pas si mal. Notamment parce que l’on n’a pas eu de cultures intensives dangereuses pour l’environnement. »
Sébastien Gréaux souligne une augmentation des bébés coraux et insiste sur « les nombreux efforts déployés pour sauver les colonies ». De plus, il note les effets positifs sur la faune de l’instauration d’une réserve naturelle. « Les poissons y sont plus nombreux et de plus grande taille, ce qui veut dire que la réglementation est efficace », déclare le directeur.
Des solutions existent-elles pour améliorer la situation ? «Oui, et des choses sont déjà en place, assure Sébastien Gréaux. Il y a un travail de fait pour remettre aux normes les systèmes d’assainissement des maisons. Une aide pour les gens serait sans doute utile. » De plus, il évoque la nécessité, notamment à Saint-Jean, de déployer un réseau d’assainissement collectif, mais également de procéder à des aménagements afin d’améliorer la gestion des eaux de pluie « pour qu’elles ne soient pas directement drainées par la route vers la mer ».
Pour tous ces aménagements, constate le directeur, « il faut de la place ». Du foncier, par conséquent. Le nerf de la guerre, si l’on peut dire, à Saint-Barthélemy.

 

Journal de Saint-Barth N°1437 du 09/09/2021

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