Micheline Jacques : « Le tout, c'est d’agir »

 La vice-présidente en charge de l’environnement, Micheline Jacques, est la cheffe d’orchestre des premières Assises de l’environnement de Saint-Barthélemy, prévues en novembre. Désireuse d’associer l’ensemble de la population à l’événement, elle a lancé une consultation en ligne à laquelle tout le monde peut participer (*).


Comment vous est venue cette idée des Assises de l’environnement ?

On ressent une forte attente de la population : tout le monde est conscient qu’il y a des choses à faire en matière environnementale –même si beaucoup a déjà été fait. L’idée est de co-construire, ensemble, un projet environnemental à court, moyen et long terme. Je suis convaincue que dans ce domaine en particulier, il appartient à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice.

 

Quel est l’objet de ce questionnaire diffusé en ligne ?

Il permettra de voir qui veut s’investir, tout le monde est bienvenu. Il y a aussi une boîte à idée, à disposition à la Collectivité et à l’ATE. Ceux qui souhaitent un exemplaire papier du questionnaire l’auront sur demande (on ne voulait pas imprimer à tout va, c’est un premier geste pour l’environnement). Enfin, l’ordinateur de la bibliothèque est à la disposition des gens qui n’en auraient pas chez eux, ou n’auraient pas accès à internet. Le questionnaire est disponible en français et anglais, et est en cours de traduction en portugais. Je voudrais que la population propose ses idées, des choses simples, qu’il s’agisse des chiens sur la plage, des mégots de cigarette… Nous avons sciemment lancé le questionnaire l’été, pour que les jeunes de l’île, rentrés des études, participent. Il s’agit de leur avenir.

 

A quoi ressemblera l’événement en tant que tel ?

Il durera une semaine, avec chaque jour une thématique. Il y aura des tables rondes sur différentes questions, et chaque soir, une conférence pour restituer au public le travail effectué, et échanger avec lui. On va essayer de regrouper les hôteliers et restaurateurs, par exemple, et aussi de se baser sur les anciens, leur point de vue sur ces sujets.

 

Outre la population, les acteurs de l’environnement seront en première ligne. On connaît certaines de leurs inimitiés. Seront-ils partants pour s’asseoir ensemble autour d’une table ?

On n’est pas là pour s’accuser les uns les autres. L’objectif est que les choses avancent, et de travailler dans l’intérêt général. Les Assises de l’environnement seront une opportunité pour avancer, et valoriser ce que chacun fait. Après l’ouragan Irma, nous étions dans le même bateau, et on avançait ensemble ; pour moi l’environnement, c’est la même chose. Irma a prouvé que nous étions capables de nous regrouper, de nous structurer. J’aimerais que cet esprit de fraternité -relancé avec la victoire en Coupe du monde- perdure. Par ailleurs, une fois l’idée lancée, on a contacté le CESCE, la Cem, le CTTSB, les associations, un petit peu tout le monde, pour relayer et travailler sur les Assises. Les services de l’Etat seront aussi impliqués par le biais de l’ATE. C’est une collaboration entre tous.

 

Ces débats déboucheront-ils réellement sur quelque chose de concret ?

Le tout, ce n’est pas de dire « faudrait », « y a qu’à », mais d’agir. Toutes les couches de la population pourront s’engager, cela aboutira à une charte de cinq ou six points que l’on va signer. Ça, c’est vraiment concret. Il découlera de cette charte notre politique en matière d’environnement, ainsi que le code de l’environnement, en cours de réécriture. Pour, s’il le faut, arriver à des sanctions. Pour l’anecdote, quand j’étais petite, ça ne m’a pas transcendée mais j’ai eu l’opportunité de manger de la tortue marine. Mes enfants n’en mangeront jamais. Ce qui est valable pour la tortue peut l’être pour d’autres espèces, il faut le comprendre.

On voudrait également avoir une sorte de label « environnement »… On a des idées, mais on voudrait d’abord que la population s’exprime.

 

Vous êtes l’élue en charge de l’environnement depuis plus d’un an maintenant. Quelles sont, selon vous, les priorités pour Saint-Barth ?

Il y a énormément de priorités ! Personnellement, j’associe environnement et qualité de vie. L’île s’est développée, la population a triplé en trente ans, les nuisances ont triplé avec elle. Il nous appartient d’impliquer tout le monde pour parvenir à un développement harmonieux, concilier l’activité économique principale avec la vie locale.

 

> Pour participer et répondre au questionnaire, voici l’adresse internet (un peu complexe, prenez garde) :  https://fr.surveymonkey.com/r/assises-env-sbh2018-fr

 

 JSB 1289

 



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