Micheline Jacques : « Le Code de l’environnement sera beaucoup plus strict »

A quelques jours du coup d’envoi des premières Assises de l’environnement et de l’énergie de Saint-Barthélemy, un dernier point avec l’initiatrice de l’événement, Micheline Jacques, vice-présidente de la Collectivité en charge de l’environnement

 

Pouvez-vous rappeler comment vont se dérouler les Assises ?

On abordera un thème par jour, avec plusieurs thématiques plus précises par demi-journées. Chacune fera l’objet d’une intervention courte, d’environ 10 minutes, ce qui laisse largement le temps de présenter le sujet. Les intervenants sont des spécialistes ou alors des professionnels qui présentent ce qu’ils ont mis en œuvre dans leur domaine. Après chaque intervention, il y aura un débat avec le public, qui pourra poser des questions. A la suite de ces échanges, il faudrait arriver à dégager trois ou quatre idées par jour à mettre en œuvre pour améliorer les choses. Tout le monde est bienvenu bien sûr, et j’espère de tout cœur que les personnes qui connaissent de près ou de loin les sujets traités viendront pour prendre part aux ­discussions.

 

Cet événement va-t-il vraiment déboucher sur des mesures fortes pour l’environnement ?

Je l’espère bien. Justement, j’ai prévu le vendredi soir une rencontre avec les juristes qui travaillent actuellement sur le nouveau Code de l’environnement. Ils pourront expliquer ce qu’ils font et répondre aux questions. Chacun pourra soumettre ses idées, à ­conditions qu’elles soient ­réalisables.

On a réussi à travailler avec toutes les sensibilités, dans une bonne dynamique, autour de ce code. C’est un travail qui a été très constructif, même si nous n’avons pas toujours été d’accord sur tous les points, car je pense qu’il ne faut pas aller dans l’extrémisme.

Une fois finalisé, le code sera présenté aux élus en commission générale, puis mis à disposition du public avant son adoption par le conseil territorial. On a pris du retard, et on voudrait se caler, au plus tard, sur le planning du Code de l’urbanisme, c’est à dire une échéance au mois de juin 2019. Il ne faut pas se précipiter non plus.

Je tiens aussi à rappeler que le volet sanctions pénales ne dépend pas de notre compétence. On essaie d’anticiper, et de solliciter les parlementaires sur ce sujet. Cela semble jouable.

Quoi qu’il en soit, le Code de l’environnement sera beaucoup plus strict en ce qui concerne les infractions.

 

A la première évocation de ces Assises, vous aviez confié votre ambition de faire de Saint-Barthélemy un modèle environnemental dans la Caraïbe. Est-ce réellement compatible avec le tourisme de luxe ?

Je suis intimement persuadée qu’on se dirige peu à peu vers un tourisme éco-responsable, même haut de gamme. Je suis convaincue qu’on peut lier les deux. On peut y arriver, il y a des choses à mettre en place : réutiliser l’eau pour les jardins, la traiter correctement…

 

A ce sujet, vous comptez mettre en place un label environnemental. De quoi s’agit-il exactement ?

L’idée est de mettre en place un genre de label pour toutes les entreprises, quelles qu’elles soient, qui respectent un certain cahier des charges. Je voudrais aller plus loin en ajoutant dans les appels d’offres de la Collectivité des critères de durabilité à ceux qui existent déjà. Et puis, chaque année, décerner un trophée de l’environnement pour valoriser les bons comportements. J’ambitionne aussi de renforcer les critères environnementaux pour l’attribution des étoiles aux hôtels de l’île. Des critères qui pourraient même concerner les comportements des saisonniers, par exemple.

 

Les Assises comportent un volet fiscalité. Quelles mesures sont envisagées de ce côté ?

L’idée, c’est de pouvoir mettre en œuvre des incitations à consommer mieux, adopter de bons gestes, par le biais de la fiscalité. C’est ce qu’on fait déjà avec les véhicules électriques. On pourrait par exemple aider à la mise en place de micro stations d’épuration… Ce sont des mesures qui ont un coût, mais on peut aussi, à l’inverse, augmenter les taxes sur les produits non respectueux de l’environnement, voire de la santé, je pense à la cigarette et à l’alcool. Il ne s’agit pas d’imposer des choses, mais je pense que si tout le monde s’y met ensemble, on arrivera à quelque chose de formidable.

 

La signature d’une convention avec l’Agence française de biodiversité est aussi programmée.

L’AFB a mis en place des agences régionales, mais il est clair qu’on ne peut pas en créer une pour Saint-Barthélemy. D’où la signature d’un partenariat, parce qu’il est toujours bon de garder d’excellentes relations avec ces organismes, qui peuvent nous apporter leur expertise. Lors de la semaine, outre l’AFB, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, ndlr), le Conservatoire du littoral et le Pôle Relais Zones Humides seront aussi représentés. Ce sont des partenaires avec qui nous ­collaborons régulièrement. Par exemple, le Conservatoire du littoral nous a conseillé sur la restauration de la dune de Saline.

 

Les associations locales de préservation de l’environnement sont absentes du programme des Assises.

Tous ceux qui veulent faire part de leur expertise sont les bienvenus. J’ai sollicité Saint-Barth Essentiel, qui n’a pas pu donner suite car personne n’était disponible pour présenter le travail. C’est dommage, car c’est l’association la plus populaire de l’île. J’ai aussi fait appel à Didier Laplace de Coral Restoration, pour parler des poissons lions, et des nurseries de coraux sur lesquelles il travaille. Il a jugé que 15 minutes, c’était trop court pour présenter son projet, et a préféré décliner. Mais la porte est toujours ouverte. Il y a plus de cinquante intervenants. Ce sera une semaine très dense, mais je pense qu’elle aura son lot de satisfactions. Et ensuite, d’actions.


JSB 1305


Journal de Saint-Barth N°1305 du 29/11/2018

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