Nouvel essai pour des bacs à ordures ménagères, à Grand Fond. Les tentatives ces dernières années n’ont pas fonctionné, les habitants se sentant encouragés à déposer dans les containers n’importe quoi n’importe quand. Hélène Bernier mise sur le fait que ce sont les habitants eux-mêmes qui construisent les bacs, et la Com compte y associer un plan de communication et une surveillance vidéo. Un bilan sera tiré dans trois mois. 

Les habitants de Grand Fond construisent leurs propres containers à ordures ménagères

Une expérimentation avec des containers à ordures ménagères s’apprête à être lancée à Grand Fond. Par ailleurs le CESCE a créé une commission pour optimiser les points de ramassage des ordures ménagères.

 

Ils sont une poignée à se retrouver entre voisins, le week-end, pour désosser des palettes, en récupérer le bois et les réassembler, créant des containers recyclés à partir de pas grand-chose. Les habitants de Grand Fond vivent, comme la quasi totalité des quartiers de Saint-Barth, avec les tas d’ordures qui bordent les routes. Il semblerait même que leur quartier attire des habitants d’autres coins de l’île, qui viennent pour y jeter leurs sacs d’ordures et leurs encombrants, plus ou moins discrètement.

Les habitants de Grand Fond ont décidé de prendre les choses en main, et de relancer une expérimentation avec des containers dans leur quartier. L’idée a été validée par la Collectivité. Les grands bacs en bois seront disposés dans le quartier pour recevoir les ordures ménagères, qui devront être déposées aux mêmes horaires que d’habitude (entre 5 heures et 9 heures). Au bout de trois mois, un bilan sera dressé : le système est-il pratique pour les ramasseurs de déchets ? Est-il respecté par les habitants ? A-t-il permis d’endiguer le problème des sacs poubelles qui ornent les talus ?

C’est une Saint-Barth de 20 ans, Audrey Aubin, qui a conçu avec son père menuisier ces modèles de containers en palettes. Avec leur petit look récup’ et proprets, ils collent parfaitement au paysage de Grand Fond. « Le plus long, c’est de désosser les palettes. L’assemblage n’est pas très compliqué », explique la jeune étudiante en architecture, rentrée à Saint-Barth en raison du confinement. « En gros, il faut une journée pour fabriquer un container. On compte en réaliser cinq pour Grand Fond. On verra comment les gens vont les utiliser, et on attend aussi le retour des éboueurs. »


Coût de fabrication, quasiment zéro : les palettes ont été données par des commerces, et les pièces métalliques et la visserie financée par la Collectivité. Cette dernière a été impliquée dans le projet, et si elle reste sur ses gardes au vu de l’expérience passée (lire ici), elle soutient cette nouvelle expérimentation. Conseillère territoriale et habitante de Grand Fond, Hélène Bernier fait le lien entre les habitants motivés et la Com. « Le truc en plus par rapport à la dernière fois, c’est que ce sont les habitants qui fabriquent les containers, donc ils s’impliquent », indique-t-elle. « Il y aura aussi un système de surveillance au dessus de chaque bac. Et il faudra communiquer. » Communiquer pour sensibiliser le public, lui rappeler les gestes civiques, lui expliquer que le dépôt sur le site de propreté est gratuit pour bon nombre de déchets que l’on croise dans la nature (climatiseurs, frigo, etc.) mais aussi pour le prévenir des sanctions encourues en cas de non-respect des règles.

Journal de Saint-Barth N°1376 du 20/05/2020

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