Les effets de la réhabilitation sur la biodiversité à la loupe

Oiseaux, poissons, crabes, iguanes, qualité de l’eau, corail de Saint-Jean… Les effets de la réhabilitation de l’étang seront étudiés de près.

 

Depuis 2017, l’Agence territoriale de l’environnement mène tous les quinze jours un inventaire des oiseaux présents sur l’étang de Saint-Jean. Elle pourra comparer tous ces chiffres avec les recensements effectués maintenant que la réhabilitation est terminée, pour comparer la présence aviaire pré et post aménagement. « On compte une bonne quinzaine d’espèces. Etonnamment, certaines comme les grandes aigrettes et les canards des Bahamas sont restées malgré les pelleteuses», indique Serge Toulet, le “Monsieur Oiseaux” de l’ATE. « En ce moment, on assiste au retour des mouettes atricille. Lors du premier recensement en 2017, elles étaient 133 en juillet et 66 au mois d’août. Ce sera intéressant de comparer cette année. Même chose pour les échasses d’Amérique. Elles étaient 72 en novembre 2018, on verra combien il y en a en novembre prochain. »

 

Un poste d’observation des oiseaux

La mise en eau étant intervenue début avril, il est trop tôt pour tirer de quelconques conclusions. Mais dès que l’eau de mer est entrée dans l’étang, « un aigle pêcheur est venu se nourrir. On a aussi vu des échasses d’Amérique nicher sur les îlets. A présent, ce qui va jouer sur la fréquentation des oiseaux, c’est la présence humaine. Si les gens respectent la réglementation, ne pas courir, ne pas faire de bruit, pas de lumière la nuit… La réussite du projet dépend du comportement de tous. » Serge Toulet compte aussi sur la pousse de la mangrove pour protéger davantage les animaux. L’ATE organisera des visites de sensibilisation avec les écoliers, et un poste d’observation sera aménagé sur le deck.

 

Les effets de la connexion mer-étang

En 2016, à l’orée du projet, le cabinet Pareto alertait sur les possibles risques de la connexion entre mer et étang. Les rédacteurs du rapport craignaient que les substances polluantes stagnant dans l’étang, liées au ruissellement sur le bassin versant très urbanisé, ne viennent polluer la baie de Saint-Jean et sa barrière de corail. Ils recommandaient une étude plus poussée d’impact en fonction des courants marins, mais surtout de solutionner le problème de l’assainissement avant de réhabiliter l’étang.

Un test avait été effectué en 2016 lors d’une ouverture temporaire de l’étang à la mer. Les analyses montraient que ce jour-là, la baie n’avait pas subi une pollution au-delà des normes autorisées. L’eau de baignade est de toute façon testée tous les quinze jours par la Collectivité. Elle n’a pas été dégradée depuis la connexion de l’étang à la mer, début avril. Mais le véritable test interviendra en cas de fortes pluies.

Dans l’autre sens, la biodiversité de l’étang, qui est passé d’une eau saumâtre à une eau de mer ou quasi, est modifiée. Le néfaste tilapia s’y adapte, et il devra faire face à un afflux de prédateurs marins comme les tarpons, barracudas, mulets, dont certains étaient déjà présents avant l’ouverture de l’étang à la mer. Pendant les travaux, l’ATE et ses bénévoles avaient transféré près de cent tarpons d’une large flaque à la mer…

 

Samedi, Bruno Magras a confirmé que Sanilab effectuerait des tests réguliers de la qualité de l’eau de l’étang, actuellement bonne, et rappelé qu’il suffirait d’abaisser la guillotine en cas de pollution. Le Président a évoqué l’aménagement d’autres bassins décanteurs et indiqué que l’idéal, pour l’avenir, serait l’installation d’un système d’assainissement collectif pour les quelques milliers d’habitants du quartier Saint-Jean, idée régulièrement évoquée à la Collectivité mais difficile et coûteuse à mettre en oeuvre.


JSB 1331





Journal de Saint-Barth N°1331 du 06/06/2019

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