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Des plongées pour étudier les raies et requins de Saint-Barth

Chef de projet pour l’association Kap Natirel et coordinatrice du réseau requin pour les Antilles françaises, Océane Beaufort a sollicité les clubs de plongée de Saint-Barth pour accentuer l’observation et le suivi des requins.

 

Parmi toutes les richesses naturelles dont jouit Saint-Barthélemy, les requins occupent une place non négligeable. En effet, tandis que les espèces se font rares dans de nombreuses zones des Antilles, les eaux de Saint-Barth sont peuplées d’une grande diversité de requins. Une étude confiée en 2018 par l’Agence territoriale de l’environnement (ATE) à Océane Beaufort, chef de projet pour l’association Kap Natirel et coordinatrice du réseau requin pour les Antilles françaises, a permis d’observer une variété d’espèces devenue relativement rare dans la région, à l’exception des Bahamas.

Développer un tourisme durable
La semaine dernière, afin de poursuivre le travail d’observation et de suivi des requins et des raies autour de Saint-Barth, Océane Beaufort est venue à la rencontre des responsables des clubs de plongée. L’objectif de cette rencontre était à la fois de dispenser une formation mais ciblée à ces professionnels de la mer. « L’idée est de faire le point sur les espèces présentes mais aussi de rappeler les bons gestes à avoir pour que les plongeurs aient tous les éléments à transmettre à leurs clients, le tout dans le but de développer un tourisme durable », explique la scientifique.
Cinq clubs de plongée ont répondu à l’invitation et ont participé à la formation dispensée à la capitainerie de Gustavia. « Notre projet s’apparente à des sciences participatives, résume Océane Beaufort. L’expérience des clubs est précieuse car ils plongent toute l’année aux mêmes endroits et s’ils peuvent reconnaître les espèces qu’ils voient et nous communiquer ensuite les lieux, les dates et les heures de leurs observations, toutes les informations collectées vont nous permettre de disposer d’un échantillonnage important. »

Huit espèces de requins présentes en permanence
Une expérience similaire a déjà été entreprise en 2018, cette fois avec le concours des pêcheurs de l’île. Une collaboration qui a permis aux scientifiques d’enregistrer la présence de plusieurs espèces telles que le requin renard ou le requin baleine mais aussi de confirmer l’occupation permanente des eaux de Saint-Barth par huit espèces de requins et de raies. Il s’agit des requins nourrice (espèce protégée), récif des caraïbes, nez noir, chien blanc, tigre, bordé, citron ainsi que des raies léopard (espèce protégée) et pastenague. A titre de comparaison, seule trois espèces ont été recensées dans les eaux de la Guadeloupe.
La sollicitation des clubs de plongée est donc le volet suivant de cette étude scientifique participative. « Il nous faut des gens motivés, insiste Océane Beaufort. C’est la constance du suivi qui va nous permettre de savoir où et quand sont les espèces. Nous savons grâce aux précédentes enquêtes que plus on va dans le Nord et plus on a des populations importantes, mais on cherche à découvrir pourquoi car on ne connait pas encore les raisons exactes. » De l’intérêt d’un minutieux travail d’observation.

 

Un documentaire sur les recherches menées à Saint-Barth
Le projet Best of sharks and rays de Saint-Barth et les missions de terrain réalisées par Océane Beaufort et l’ATE ont fait l’objet d’un documentaire tourné par Franck Decluzet, en 2018. Le film a notamment été projeté dans un colloque international sur la pêche en Colombie. En 2019, il avait également été présenté à l’Ajoe dans le cadre d’une soirée dédiée aux raies et requins.

Journal de Saint-Barth N°1432 du 15/07/2021

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