Coup de chaud sur les coraux

Une mauvaise année pour la biodiversité sous-marine dans les Caraïbes : la température élevée de l’eau a entraîné un épisode de blanchiment des coraux, constaté autour de Saint-Barthélemy.

 

Une eau à 30°C voire 31°C, un peu trop longtemps et un peu trop profondément, et les coraux blanchissent. L’année 2019 serait une mauvaise année pour la santé des coraux de la Caraïbe, et autour de l’île, les spécialistes constatent des dégâts. «Depuis une quinzaine de jours, ce phénomène de blanchiment touche pratiquement toutes les espèces de coraux dur qui entourent notre île, mais aussi de nombreuses îles de la Caraïbe, jusqu’au Costa Rica », alerte Didier Laplace, président de l’association Coral Restoration. «Depuis quinze jours, nous avons fait un suivi sur différents endroits de l’île : les Ti-Saints, Pain de Sucre, la Tite Anse à Flamands, Saline, Saint-Jean, Chauvette, Bonhomme et Coco. » Objectif : constater quels sites souffrent le moins, et quelles espèces sont les plus résistantes, afin d’adapter la réimplantation des coraux que l’association fait pousser en nurserie à Gros Ilets. «Les coraux mous, comme les gorgones, ne sont pas impactées par le phénomène. Les cornes de cerf et cornes d’élan se portent bien. » Tant mieux, car ce sont ces deux dernières espèces que Coral Restoration s’emploie à multiplier dans les eaux de Saint-Barth. « Ces coraux grandissent généralement dans très peu d’eau, entre 50 centimètres et 5 mètres. Plus proches de la surface, ils se sont adaptés aux températures élevées au fil des années, alors que les autres espèces qui vivent plus en profondeur sont impactées par le réchauffement de l’eau, d’habitude plus froide », poursuit Didier Laplace. Bien que situés à Gros Ilets, site touché par le blanchiment, les coraux des nurseries ont bien résisté. « Dès que la température reviendra à la normale, nous allons continuer notre programme de réimplantation des coraux se trouvant dans nos nurseries, dans et hors de la Réserve naturelle. Avec l’aide de nombreux bénévoles, plus de 700 coraux ont déjà été réimplantés cette année. » Le travail devrait se poursuivre d’ici la fin d’année. Didier Laplace est confiant, l’eau est en train de revenir à une température plus normale pour la saison, autour de 29°C. «Deux degrés ont suffit pour le blanchiment, c’est un signal d’alarme. »

Cette pression du réchauffement des océans s’ajoute à celles que subissent déjà les coraux : rejets d’eaux de ruissellement ou d’eaux usées, terre, sargasses, maladies… Outre le fait que le corail est le socle de la biodiversité océanique, il est aussi une manne économique, tant pour la pêche que pour le tourisme.

 

> Coral Restoration lance un appel à bénévoles pour prendre part à ses actions futures : 0690.35.31.49.

 

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Pourquoi ils blanchissent ?

Le corail dépend d’algues microscopiques, les zooxanthelles, qui le recouvrent, lui donnent sa couleur, et lui fournissent l’énergie nécessaire pour grandir et se reproduire, grâce à la photosynthèse. C’est pour cela que les sargasses, en obstruant la lumière du soleil, ont un impact négatif sur les coraux : la photosynthèse ne peut plus se faire. Le travail d’équipe entre le corail et les zooxanthelles, va être perturbé par une eau trop chaude. Les algues se mettent à générer des substances toxiques qui peuvent abîmer le tissu des coraux ; ces derniers rejettent alors les zooxanthelles, c’est pour cela qu’ils perdent leur couleur moutarde. Ils n’en meurent pas, sauf si la situation dure trop longtemps.

JSB 1349


©Coral Restoration

Journal de Saint-Barth N°1349 du 07/11/2019

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