Coup d’arrêt pour la récupération des plantes locales chez les particuliers

Récupérer les plantes natives de l’île avant qu’elles ne partent pour la déchetterie ; ce qui se faisait occasionnellement est en train d’être organisé par la Collectivité, à l’initiative d’Hélène Bernier qui souhaiterait systématiser le processus. Mais Bruno Magras ne veut pas développer cette activité. Pour lui, la Com n’a pas à se substituer aux pépiniéristes.

 

En fin de conseil territorial vendredi soir, Maxime Desouches a sollicité le président au nom de sa colistière Hélène Bernier : « Dans le cadre de la récupération des plantes natives de l’île, serait-il possible que la Collectivité mette le terrain de Saint-Jean, en face de la caserne des pompiers, à disposition pour les entreposer le temps qu’ils soient replantés ? » Fin de non recevoir de Bruno Magras. « Récupérer les arbres, c’est bien, encore faut-il que la Collectivité en ait besoin. Il faut être réaliste, trois jours au soleil devant la caserne des pompiers, l’arbre, il meurt. On ne va pas affecter un terrain pour mettre des arbres. Bientôt, il faudra créer un service spécialement pour les arroser, et cela coûtera plus cher que ça nous rapporte ! » Micheline Jacques, vice-présidente en charge de l’environnement, intervient : « L’objectif n’est pas que la Collectivité développe cette activité, mais de récupérer les plantes indigènes quand il y a une construction. Nous avons de plus en plus d’appels de gens qui veulent donner des arbres natifs de l’île. Hélène Bernier est même submergée. » « Je vois de la naïveté là-dedans», tranche Bruno Magras. «Encourager les pépiniéristes à développer davantage les plantes locales, pourquoi pas. Mais il n’est pas question que la Collectivité ouvre une pépinière au détriment des pépiniéristes. » « Il ne s’agit pas de ça », assure Maxime Desouches. « Il y a principalement un problème de place ; le terrain en face de la caserne des pompiers, il sert à quoi ? » « Demain, si on a un cyclone, on aura bien besoin de ce terrain pour les déchets verts », rétorque le Président.

 

Si les services techniques de la Collectivité récupèrent occasionnellement, depuis des années, des arbres à droite et à gauche avant qu’ils ne soient broyés au site de propreté, l’idée d’Hélène Bernier était de systématiser et organiser le procédé, afin de sauvegarder le maximum de plantes locales et ainsi limiter l’importation de végétaux exotiques, et tout ce qu’elle implique en terme de coût et de risque pour la biodiversité locale.

Trois réunions ont déjà eu lieu sur le sujet, organisées par Hélène Bernier, Micheline Jacques et Marie-Angèle Aubin. Les pépiniéristes, les architectes, ainsi que les professionnels du bâtiment ont participé aux échanges. «Entre temps, l’ATE a fait un gros travail et a accepté de marquer de trois couleurs différentes les arbres indigènes (ruban rouge arbres protégées - ruban vert arbre allant sur les plages - ruban jaune - arbres récupérables allant sur terrain divers) », explique Hélène Bernier. « Reboiser les plages était l’une des priorités de cette opération également. L’ATE a réalise aussi un prospectus pour que les professionnels du BTP et les architectes puissent reconnaître les arbres natifs de Saint-Barthélemy. »

 

L’élue Saint-Barth Autrement a créé un groupe Facebook “Trocs des plantes St Barth”, qui permet de centraliser les propositions de dons de plantes et les actions menées. Près de 430 habitants en sont membres.

 

Quoi qu’il en soit, le peu d’enthousiasme du Président a coupé net la motivation des élus Saint-Barth Autrement. «Il y a à peine dix mois on nous fait le coup des Assises de l’environnement, on nous pond un beau rapport avec toutes les mesures à prendre pour défendre l'environnement. La page 40 du rapport parle de “privilégier les espèces locales dans les jardins et dans les lieux publics”», détaille Maxime Desouches. « Première chose que fait la Collectivité ? Importer et planter une espèce de palmier de Floride pour 3.000 euros ! » L’élu fait ici référence au magnifique mais non local palmier installé sur le tout nouveau rond-point de L’Oasis à Lorient. «Tout ça pour ça ! » s’agace également Hélène Bernier. Qui indique que « sans le soutien du Président via la mise à disposition temporaire d’un terrain », elle se verrait « contrainte d’abandonner ce projet ».


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Journal de Saint-Barth N°1345 du 10/10/2019

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