Bateaux lumineux, ancrage, pêche, chiens… Nouvelles règles au sein de la réserve naturelle

La réserve naturelle Nicole-Aussedat sera dotée de nouvelles règles si le conseil territorial valide, vendredi 22 mai, les propositions de l’ATE. Pas de bouleversement majeur, mais quelques petites choses à savoir, comme l’interdiction de pêcher de nuit, de nourrir les animaux, etc.

Des ajustements pour la réglementation au sein de la réserve naturelle, qui permettront aussi aux agents assermentés de l’Agence territoriale de l’environnement d’intervenir plus facilement en cas d’infraction. Les élus devront se prononcer sur le sujet, vendredi, mais le conseil consultatif de la réserve naturelle a déjà donné un avis favorable.
Pour rappel, la réserve naturelle englobe, avec différents niveaux de protection, les baies de Marigot, Grand et Petit-Cul-de-Sac, Colombier, Petite Anse et Fourchue.

- Pas plus de sept jours
Pour éviter que Fourchue ou Colombier ne deviennent des baies résidentielles, la durée maximum d’ancrage en réserve sera limitée à sept jours. C’était déjà le cas pour les bateaux mouillés sur les bouées. Cette limitation permet aussi de limiter l’impact des navires qui reverse leurs eaux sales à la mer.

- Mouillages interdits en cas de mer forte
Il sera interdit de prendre un mouillage de plaisance à Fourchue et Colombier si la houle y est supérieure à 50 centimètres, et si le vent dépasse 55 km/h (30 noeuds).
Concernant la plongée, même chose, en cas de houle de 1,25 mètre, et de vent de 55 km/h.
La mise en place de cette règle permet de déresponsabiliser l’ATE en cas d’incident par gros temps.

- Pêche de nuit interdite
Dans certaines zones de réserve naturelle, certains types de pêche restent autorisés : pêche à la ligne depuis le bord ou depuis un navire à la dérive. Il est proposé d’interdire toute pêche dans la réserve naturelle entre le coucher et le lever du soleil. Objectifs, limiter l’impact de la pêche en zone protégée, et faciliter le contrôle de la réglementation.

- Moins de “tuning” sous-marin
De nombreux bateaux, le soir et la nuit, éclairent sous l’eau grâce à des spots intégrés dans la coque. Très joli, mais pas très discret, et surtout néfaste pour le monde sous-marin : en attirant le zooplancton, qui attire lui-même les poissons, qui attirent eux-mêmes les prédateurs. Toute la chaîne alimentaire s’en trouve déséquilibrée.

- Gants interdits pour les plongeurs
Le port de gants par les plongeurs en apnée ou bouteilles sera prohibé dans la zone de réserve. En effet, il facilite le contact des individus avec les coraux et récifs déjà fragiles. A noter que cette interdiction ne s’appliquera pas aux travaux menés ou autorisés par l’ATE.

- Chiens interdits sur les plages
Les chiens sont déjà interdits sur toutes les plages de l’île. Néanmoins, comme cette disposition résulte d’un arrêté du Président, les agents de l’ATE n’ont pas le pouvoir d’amender le maître en cas d’infraction. Ainsi, la réglementation de la Réserve stipulera que tous les animaux de compagnie sont interdits sur les plages de la zone, même en laisse ; cela donnera aux agents le pouvoir de verbaliser les contrevenants. Ceux-ci ont déjà fait un rappel récemment : de nombreuses tortues marines viennent pondre dans le sable de Saint-Barthélemy, or les chiens ont une fâcheuse tendance à détériorer les nids enfouis.

- Pas plus de 5 nœuds !
Dans le chenal, le port et à moins de 300 mètres des côtes, la vitesse est limitée à 5 nœuds. L’ATE propose d’étendre cette mesure à l’ensemble de la réserve naturelle, et une zone de 100 mètres autour des îlets. Objectif, là aussi, que les agents aient un pouvoir de verbalisation en cas d’infraction ; mais surtout de préserver les baigneurs, nageurs et les tortues marines des pilotes de bateaux un peu trop pressés.

- Ne pas nourrir les barracudas (entre autres)
Dernier point, l’interdiction de nourrir les animaux qui vivent dans les zones de réserve naturelle. En effet, cela peut leur porter préjudice en modifiant leurs habitudes alimentaires mais aussi leur comportement. L’an dernier en Guadeloupe, une attaque de barracudas a  été attribuée à cette pratique (JSB 1313). Le poisson voit un pied dans l’eau, il a l’habitude qu’autour tombent des cuisses de poulet ; alors si ça ne vient pas, il s’impatiente et croque !

Journal de Saint-Barth N°1376 du 20/05/2020

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