[Assises ] Tri sélectif, dépôts sauvages : informer... et punir

Tri des déchets et dépôts sauvages d’ordures ou de gravats : la mise en place de sanctions s’avère incontournable. C’est le constat réalisé lors d’un débat sur le sujet, hier, dans le cadre des Assises de l’environnement et de l’énergie.

 

Entre les habitants qui jettent leurs ordures dans la nature, ceux qui trichent sur la collecte sélective et les professionnels qui ne trient pas leurs déchets, rien n’y fait : toutes les communications et les nettoyages bénévoles restent sans effet. C’est ce que Thierry Gumbs, directeur adjoint de Dalkia Wastenergy, photos et vidéos à l’appui, a voulu démontrer lors de sa présentation aux Assises. Les collégiens venus participer aux Assises ont tous eu la même réaction de répulsion en voyant les agents du site de propreté séparer les déchets mal triés du verre et des canettes, sur le tapis roulant. Même chose avec les photos de camions de professionnels débordant de matériaux qui n’ont rien à faire ensemble. Fred Questel, directeur du site, qui est également intervenu sur le sujet hier, en rajoute une couche sur l’importance capitale du tri : « Récemment, quelqu’un a jeté une barre à mine avec du bois de charpente. Cela a provoqué de gros dégâts sur le broyeur, qui venait juste d’être fermé une semaine pour l’entretien. Le temps de réparer, les usagers sont mécontents de l’attente. Cela représente aussi une surcharge de travail pour les agents, qui pourraient davantage se consacrer à la revalorisation des matières. »

 

« L’investissement que l’on vient de réaliser au site de propreté, c’est 16 millions d’euros », rappelle Micheline Jacques, vice-présidente de la Collectivité. « Les gens bénéficient d’un ramassage quotidien des ordures ménagères, et ne paient pour ce service que 105 euros par an. Et une fois au centre de tri, c’est gratuit pour quasiment tous les déchets ».

« Nous devrons travailler, en collaboration avec la Collectivité, à l’élaboration d’un guide du tri pour les habitants », conclut Thierry Gumbs. Le tri, mais aussi les rythmes de collecte, qui ne sont indiqués nulle part, pas même sur le site de la Collectivité. Les nouveaux arrivants sur l’île sont laissés dans l’ignorance, sans parler des touristes. Dalkia Wastenergy travaille avec le Comité territorial du tourisme sur la création d’un livret dédié aux visiteurs.

Pour mieux informer les résidents, « sans demander aux propriétaires de fouiller dans les poubelles de leurs locataires, il faudrait qu’ils sensibilisent les habitants, pourquoi pas en affichant l’information dans les maisons. » La CEM, représentée par sa directrice Nadège Carti-Sinnan, s’est engagée sur le champ à accompagner Dalkia Wastenergy pour l’information auprès des entreprises.

 

Amende conséquente

Mais au-delà de la déchetterie, les bénévoles qui nettoient ponctuellement les abords des routes, que ce soit avec le Lion’s Club, Saint-Barth Essentiel ou d’autres, savent mieux que personne le poids que les incivilités font peser sur la nature environnante. Dans le public, deux personnes interviennent sur la même longueur d’onde : en l’absence de sanctions, pas de changement possible, malgré tous les appels au civisme imaginables.

« En tant que directrice d’école, j’applique le principe des trois avertissements avant punition », commence Micheline Jacques. « Punition qui serait ici une amende, tellement conséquente que ça les fera réfléchir. On posera également des caméras pour lutter contre les dépôts sauvages. Quand on a été puni une fois, on n’a pas envie d’être puni une deuxième fois. » Thierry Gumbs profite de l’occasion pour questionner l’élue : « Pourquoi laisse-t-on entrer sur le pays des produits dont on ne veut pas, pourquoi ne pas tout simplement interdire l’importation de plastique ? Je pense aussi au shingle, matériau de construction amianté qu’aujourd’hui, personne ne peut traiter, à part par enfouissement... » « C’est prévu », répond Micheline Jacques. « On prévoit d’interdire tous les consommables plastiques, mais cela peut aussi concerner des produits dangereux. Voilà l’intérêt de ces Assises, on apprend des choses. Pour les produits à risques, on peut aussi, s’ils sont indispensables, jouer sur la fiscalité, et à l’inverse favoriser les produits vertueux. »



Photo > 5 à 6 tonnes par semaine de ferraille se retrouve dans l'incinérateur.



JSB 1306

Journal de Saint-Barth N°1306 du 06/12/2018

Le site de propreté s'offre un lifting
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